Cette année, le Secours populaire constate une augmentation exponentielle du nombre de ses bénéficiaires. A la braderie de l'association, ce jeudi, les témoignages racontent la dégradation des conditions de vie des plus modestes.

A la braderie du Secours populaire de Poitiers, Aurélie est venue trouver de quoi améliorer son quotidien : des vêtements, de la vaisselle ou encore des produits d'hygiène. Le tout, à petit prix. Cette mère de famille élève seule ses quatre enfants et confie qu'elle ne peut plus s'en sortir.

"Je me prive de repas. A la place, je grignote. A table, mes enfants me demandent pourquoi je ne mange pas. Je réponds que je mangerai plus tard...", explique-t-elle. "Par les temps qui courent, faire les courses, c'est très compliqué. Ici, au Secours populaire, ça permet de faire plaisir aux enfants, à bas coût."

Avec comme revenus les seules allocations de la CAF et une petite pension alimentaire, Aurélie compte sur les associations et sur ses proches. Des amis lui donnent des légumes et sa grand-mère aide quand elle le peut.

"On est partis dans un monde où des gens vont vivre à la rue. Mes enfants, je ne peux pas leur offrir de vacances, ça me fait mal au cœur", poursuit-elle.

Précarisation de la population 

Après la pandémie de Covid, les plus modestes doivent désormais affronter l'inflation qui touche des produits de première nécessité. En 2 ans, une partie de la population s'est précarisée. Le Secours populaire de la Vienne le constate à travers une arrivée massive de nouveaux bénéficiaires.

"Entre 2020 et 2021, on a assisté à une augmentation des bénéficiaires de 25%. Cette année, c'est +50%!", constate Nicolas Xuereb, président du Secours populaire de la Vienne.

L'association aide ainsi plus de 700 familles, soit plus de 2.000 personnes. Un record dans la Vienne.

Dès qu'on fait une braderie, on a beaucoup de monde, ça aide beaucoup de gens

Nicolas Xuereb, président du Secours populaire de la Vienne

Récupérer des fonds

Parmi les nouveaux visages qui se présentent à l'association, on compte beaucoup de personnes seules : "des étudiants ou de nouveaux seniors, des chômeurs également ou des travailleurs à temps partiel" qui ne parviennent pas à finir le mois.

"Beaucoup de gens cherchent à payer moins cher, car tout est cher. Dès qu'on fait une braderie, on a beaucoup de monde, ça aide beaucoup de gens", poursuit Nicolas Xuereb.

La braderie sert aussi à récupérer des fonds pour ensuite aider les bénéficiaires, acheter de la nourriture, financer des départs en vacances. Mais l'association rencontre aussi des difficultés.

"On a du mal à avoir des produits de premières nécessités", explique-t-il. "Quand on veut acheter du local, c'est cher. On fait notre maximum pour donner les produits les plus variés aux gens, mais ça augmente et c'est tendu."

Les perspectives ne sont pas réjouissantes. L'inflation dépasse aujourd'hui les 5% et devrait encore grimper dans les prochains mois.

TEMOIGNAGE : Aurélie Pin, mère de famille