Poitiers. Pourquoi ce chevreuil est-il finalement mort après s'être réfugié dans un jardin du centre-ville ?

© Alain Toulier
© Alain Toulier

Ce vendredi, nous vous racontions l'histoire de ce chevreuil égaré en ville et réfugié dans le jardin d'un praticien dentiste. Mais à vouloir à tout prix d'essayer de le faire partir ou de capturer, il en est mort. On vous explique ce qu'il s'est (réellement) passé.
 

Par Lionel Gonzalez

Tout commence vendredi matin lorsqu'un un internaute filme, depuis sa voiture ce chevreuil en errance, dans les rues du quartier de la porte de Paris, à Poitiers.

Peu de temps après, l'animal se réfugie dans un jardin. Emmanuel Montfermé, dentiste à Poitiers, a eu la surprise de découvrir un jeune chevreuil blotti dans le jardin de son cabinet, situé rue Condorcet, en plein centre-ville. Le praticien poste alors une publication sur sa page Facebook (supprimée depuis). Des nombreux internautes réagissent et relayent sa publication en alertant les pouvoirs publics et associations. La police de Poitiers a d'ailleurs reçu un très grand nombre d'appels signalant l'animal et demandant une intervention urgente.

C'est là que les choses se compliquent...

Une société spécialisée dans la capture d'animaux est missionnée pour intervenir et capturer l'animal afin de le délivrer et de le relâcher dans son environnement naturel. Le technicien sur le terrain sait que le chevreuil est un animal très craintif et prend toutes les précautions afin de l'attraper sans lui faire de mal. Malgré toutes des précautions, la bête prend peur et se jette violement contre un grillage. Elle est KO et s'effondre au sol. L'agent récupère l'animal, tout en pensant qu'il allait se réveiller en le relâchant dans un bois à proximité. Mais il fera le triste constat que l'animal avait véritablement pris un mauvais coup en voulant s'échapper. Il sera alors nécessaire de le soulager en lui retirant la vie (afin d'écourter ses souffrances).

Que faut-il faire lorsque l'on découvre un animal près de chez soi ?

Ce n'est pas la première fois que des animaux sauvages se retrouvent dans l'environnement urbain. Ils peuvent s'être égarés, ou avoir été effrayés par telle ou telle raison.
Il faut peut-être laisser les choses se faire et ne pas intervenir, si bien évidement, ni l'animal, ni la population courre un risque majeur à sa présence.
Selon un spécialiste de la faune sauvage, il faut le laisser tranquille, le laisser se reposer ou reprendre ses esprits. Ainsi, dès le calme revenu et la nuit tombée, il pourra alors partir de lui-même et retrouver son environnement naturel.
© Alain Toulier
© Alain Toulier

Lydie Bourdeau, membre du centre de soin de la faune sauvage poitevine indique ceci dans un commentaire de notre post Facebook

"Sur un chevreuil, la fléchette pour l'endormir n'est pas une possibilité car ça l'aurait stressé tout autant, et donc le temps que l'anesthésiant fasse son effet, il se serait tué en se jetant partout. De plus les anesthésies sur les cervidés sont très mal vécues et il y a beaucoup d'arrêt cardiaque. Mme en étant habitué et en prenant toutes les précautions possibles, donc dans ce cas, le fusil hypodermique n'est absolument pas la solution. Mon avis était dès le départ de le laisser tranquille et il serait sans doute reparti le soir. Mais l'insistance du voisinage et leur panique à renouveler des appels aux forces de l'ordre a entrainé une intervention".
 

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