“On n'est pas rentré chez les pompiers pour ça” : les soldats du feu à bout avant leur congrès annuel

A la veille de leur congrès annuel, les pompiers dénoncent la déterioration de leurs conditions de travail. / © AFP - BENJAMIN POLGE / HANS LUCAS
A la veille de leur congrès annuel, les pompiers dénoncent la déterioration de leurs conditions de travail. / © AFP - BENJAMIN POLGE / HANS LUCAS

Une profession à bout et un ras-le-bol grandissant. A la veille de leur congrès annuel qui s'ouvre ce mercredi à Vannes dans le Morbihan, les pompiers dénoncent une nouvelle fois la dégradation de leurs conditions de travail.

Par Ariane Combes

La colère couve depuis des mois et le mouvement de grève entamé à la fin juin n'est pas prêt de s'arrêter. Agressions, interventions inadaptées à leur mission, salaires ou régime de retraite, les nombreuses revendications des pompiers professionnels n'ont pour l'instant pas trouvé d'écho auprès du ministère de l'intérieur. Le congrès annuel qui s'ouvre ce mercredi à Vannes est l'occasion d'alerter à nouveau les autorités sur le malaise croissant dans la profession. 

Ultimatum au 31 décembre

Avec 4,5 millions d'interventions en 2018, les pompiers sont de plus en plus mobilisés chaque année. Le secours à la personne qui représentait 54% de leurs interventions il y a 20 ans constitue aujourd'hui 84% de l'activité des soldats du feu. Ils sont de plus en plus sollicités pour effectuer des transports sanitaires qui ne relèvent pas de l'urgence, remplaçant ainsi les ambulanciers privés. Une situation problématique dénoncée dans de nombreux départements. "Faire un transport d'une personne qui est attendue à l'hôpital ne relève pas de nos missions, témoigne Bruno Gibert, secrétaire général adjoint FO au SDIS de Seine-et-Marne. Et pourtant, quand il n'y a pas d'ambulanciers pour le faire, on appelle les pompiers par carence."    
Pierre-Jean Verzelen, président du SDIS de l'Aisne
président du SDIS de l'Aisne - France 3 Picardie - Rémy Vivenot / Eric Henri
Et cela dure depuis des années. A tel point que dans l'Aisne, le président du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de l'Aisne lance un ultimatum à l'Agence régionale de santé (ARS)desHauts-de-France. "Cela fait plusieurs mois qu'on fait les gentils garçons sauf que du côté de l'ARS et du côté des hôpitaux il ne se passe rien, s'exaspère Pierre-Jean Verzelen également vice-président du conseil départemental (DVD). On a décidé de changer de braquet. Si au 31 décembre aucun accord n'est trouvé, les pompiers arrêterons d'assumer les missions qui ne sont pas les leurs. "

"Il y a un moment où il y aura un accident grave et on ne sera peut-être plus en moyen d'intervenir comme il le faut," Pierre-Jean verzelen, président du SDIS 02.
 

Olivier Charpentier, pompier professionnel raconte une agression dont il a été victime

Agressions en hausse

Le mécontentement des soldats du feu est aussi lié aux agressions toujours plus nombreuses sur le terrain. En Seine-et-Marne, les signalements sont en hausse de 220 % sur dix ans"Ça m'est arrivé lorsque j'étais sur Meaux de recevoir une boule de pétanque qui tombe à un mètre de moi, raconte Olivier Charpentier, sapeur-pompier CFTC en Seine-et-Marne. On n'est pas à l'abri et pourtant on est là pour secourir la population. Ça fait partie de notre métier maintenant mais on n'est pas rentré sapeur-pompier pour ça."

Christophe Castaner doit s'exprimer samedi en clôture du congrès de Vannes. Il pourrait y lancer une grande campagne de communication contre les agressions à l'encontre des pompiers. 
 

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