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Il y a 30 ans, l’attentat de la rue des Rosiers à Paris faisait six morts

Le 9 août 1982, des hommes cagoulés font irruption dans le restaurant Goldenberg, rue des Rosiers à Paris. Ils ouvrent le feu et jettent une grenade au milieu du restaurant, complet à l’heure du déjeuner.
Le restaurant de gastronomie ashkénaze a laissé place a un magasin de vêtements branchés.
Le restaurant de gastronomie ashkénaze a laissé place a un magasin de vêtements branchés. © Ina
Le bilan de cet attentat fait état de six morts et 22 blessés. Il s’agit du plus grave attentat antisémite commis en France depuis 1945. Quatre membres de la communauté juive avaient perdu la vie deux ans auparavant lors d’une attaque à la bombe, à Paris aussi, devant une synagogue rue Copernic.
 
Plusieurs pistes ont été étudiées pour retrouver les auteurs et commanditaires de cet attentat sans aboutir à aucune arrestation.


Les auteurs et commanditaires toujours en liberté

 
Au début de l’enquête, le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière privilégie la piste du Fatah, une organisation dissidente de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) dirigée par le palestinien Abou Nidal. Malgré les investigations, le juge n’arrive pas à démontrer le lien avec ce groupe terroriste. En parallèle, le président de la République François Mitterrand confie l’enquête à la cellule antiterroriste de l’Elysée. On parle alors de l’affaire des Irlandais de Vincennes, le chef du GIGN Paul Barril est soupçonné d'avoir apporté lui-même les pièces à conviction pour accuser des nationalistes irlandais
 
En 2008, le journaliste Thierry Vincent évoque la piste néonazie. Selon une thèse des renseignements généraux, la police allemande recherche deux hommes dans l’Est de la France, soupçonnés de plusieurs attentats. Là non plus la piste n’aboutit pas.

Mais  un nouveau rebondissement arrive en 2011 lorsque le juge antiterroriste Marc Trévidic identifie deux des hommes du commando. Il s’agit de deux Palestiniens, réfugiés en Jordanie, donc l’extradition n’est pas possible.

En 2002, Abou Nidal meurt en Irak. Habitué à revendiquer ses attentats, le terroriste a nié jusqu’à la fin de sa vie être à l’origine de celui de la rue des Rosiers.
 
Le rappel des faits en vidéo avec Virginie Delahautemaison

Aujourd'hui, le restaurant de Jo Goldenberg a laissé place à une boutique de vêtements. Le quartier attire de nombreux touristes. Que reste-t-il de l'héritage juif de la rue des Rosiers ? Alexandra Marie et Olivier Badin nous racontent l'évolution de ce quartier. 


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