Un projet d'installation d'aires d'accueil pour les gens du voyage dans les bois de Vincennes et à Boulogne provoque la colère des élus locaux.

Lundi 11 février, le Conseil de Paris doit délibérer de deux ouvertures d’aires d’accueil pour les gens du voyage dans les bois de Boulogne et de Vincennes.

Le projet de Bertrand Delanoë d’installer des aires d’accueil dans la banlieue en première couronne provoque la colère des élus concernés. La première aire concerne le Bois de Boulogne à proximité de l’hippodrome de Longchamp. La deuxième serait installée dans le parking qui fait face à l’hippodrome de Vincennes.

Ce projet porté par la Ville de Paris ne satisfait ni les riverains, ni les maires des communes concernés. Ceux-ci s’insurgent contre cette proposition. Ils s’appuient sur une loi parue dans le journal officiel (voir encadré) qui somme les communes recevant des gens du voyage de faciliter la scolarisation, la socialisation et l’accès aux soins. Seulement, les aires concernées sont éloignées de toutes commodités.

Le maire de Saint-Maurice, Christian Cambon, estime que l'emplacement dans le bois de Vincennes ne répond pas à ces critères justement. Les enfants doivent être scolarisés dans le 12eme arrondissement de Paris, et le temps de transport des élèves chaque matin serait trop long. Il évoque de plus une première proposition qu'il avait faite pour une installation sur la pelouse de Reuilly. Celle-ci avait été vivement rejetée par la Mairie du 12ème arrondissement.

L'éternel combat entre Paris intra muros et la banlieue proche continue. Sept maires des communes limitrophes au projet ont écrit à Bertrand Delanoë pour qu’il suspende son projet de vote lundi prochain.

La commission des Sites doit donner un avis, si il est positif, c'est au Gouvernement de valider ou non le projet. 
La Mairie de Paris envisage une ouverture en 2014, le temps des travaux de mise aux normes des sites concernés.

Reportage Laurence Barbry et Yves Dewulf



Extrait du journal officiel du 6 juillet 2000
II. - Dans chaque département, au vu d'une évaluation préalable des besoins et de l'offre existante, notamment de la fréquence et de la durée des séjours des gens du voyage, des possibilités de scolarisation des enfants, d'accès aux soins et d'exercice des activités économiques, un schéma départemental prévoit les secteurs géographiques d'implantation des aires permanentes d'accueil et les communes où celles-ci doivent être réalisées.
Les communes de plus de 5 000 habitants figurent obligatoirement au schéma départemental. Il précise la destination des aires permanentes d'accueil et leur capacité. Il définit la nature des actions à caractère social destinées aux gens du voyage qui les fréquentent.
Le schéma départemental détermine les emplacements susceptibles d'être occupés temporairement à l'occasion de rassemblements traditionnels ou occasionnels et définit les conditions dans lesquelles l'Etat intervient pour assurer le bon déroulement de ces rassemblements.
Une annexe au schéma départemental recense les autorisations délivrées sur le fondement de l'article L. 443-3 du code de l'urbanisme. Elle recense également les terrains devant être mis à la disposition des gens du voyage par leurs employeurs, notamment dans le cadre d'emplois saisonniers.
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