Pierre Mansat, “dégouté” de ne pas être sur les listes Hidalgo

© Boris Horvat/AFP Photos
© Boris Horvat/AFP Photos

Pierre Mansat, adjoint chargé du Grand Paris à l'Hôtel de Ville, ne sera pas sur les listes d'Anne Hidalgo aux municipales. Il se déclare "dégouté"

Par Daic Audouit

La politique est souvent cruelle et parfois ironique.

Au tour de Pierre Mansat d'éprouver ce souverain poncif. Au moment même où le parlement discute du projet de loi sur la métropole parisienne, l'adjoint chargé de la question à l'Hôtel de Ville a appris qu'il ne serait pas sur les listes parisiennes par un coup de fil d'Anne Hidalgo. "Je suis un peu dégoûté et abattu. Par rapport au travail fourni sur le Grand Paris et au moment où ce projet semble aboutir, c'est vraiment dommage", explique Pierre Mansat.

Pierre Mansat élu sur les listes communistes depuis 1995 avait quitté le PC en 2010. Pour ces municipales, il avait soutenu Anne Hidalgo dès le départ n'attendant pas le vote des militants PC en faveur d'une alliance dès le premier tour avec le PS. "Je pensais que ma place sur les listes était sanctuarisée", confie-t-il à France 3 Paris. Une place au titre de l'ouverture.

Mais, voilà, avec le ralliement de Dominique Versini et de Jean-François Martins à Anne Hidalgo plus les candidatures de Yamina Benguigui ou Jean-Louis Missika, les militants PS trouvent que l'ouverture prend trop de place sur les listes et que pour paraphraser Patrick Devedjian, elle devrait s'étendre jusqu'aux socialistes. D'autant qu'il faut également tenir compte des accords entre partis (PC,PRG et EELV au second tour, voire PG).

Dans le XX ème arrondissement, terre d'élection de Pierre Mansat, il n'y avait plus qu'une place pour l'ouverture. Celle-ci a été dévolue à Hamou Bouakkaz, adjoint chargé de la démocratie locale qui a refusé la proposition d'Anne Hidalgo de rejoindre son cabinet.

Pierre Mansat "espère trouver un autre moyen de s'affirmer dans le débat métropolitain". Anne Hidalgo lui aurait fait une promesse dans ce sens dans le cadre de la future métropole de Paris. Mais, dans ce monde cruel et ironique, Pierre Mansat a, aujourd'hui, du mal à se fier aux promesses.

Il pourra toujours se consoler auprès des architectes ou des urbanistes qui ont travaillé sur la question du Grand Paris. Un appel, encore non officiel,  circule parmi eux pour regretter l'éviction de Pierre Mansat.

[Ajout du vendredi 29 novembre, 15h30]

Hamou Bouakkaz, dans sa lettre mensuelle, revient sur sa désignation à la place de "son ami" Pierre Mansat. De façon consensuelle tout d'abord. "Certains élus parisiens totalement dévoués à leurs mandats ne seront pas présents sur nos listes et je le regrette vivement", écrit-il. Deuxième étage de la fusée, ce n'est pas de sa faute. "D'aucuns prétendent que j'occuperais aujourd'hui la place qui lui était destinée dans notre dispositif. Les commentateurs politiques cliarvoyants ne manqueront pas de suggérer qu'avant d'opposer deux élus atypiques briguant le renouvellment de leur unique mandat, il conviendrait de se pencher sur le processus qui a permis que deux adjoints à la mairie n'ayant pas démérité soient aujourd'hui présentés comme en concurrence pour une place de candidat d'ouverture", poursuit-il. Et il termine en mettant en cause les professionnels de la politique : "ils pourront aussi se demander pourquoi plusieurs parlementaires n'ont pas renoncer à devenir conseillers de Paris".

Sur le même sujet

Les + Lus