Le procès en appel d'une dizaine de membres présumés du "clan Hamidovic", soupçonnés d'avoir forcé des jeunes filles, principalement mineures, à voler dans le métro parisien, s'est ouvert lundi devant la cour d'appel de Paris. Le procès est prévu jusqu'au 24 avril, trois après-midis par semaine.
Le parquet de Paris avait fait appel du jugement prononcé le 15 mai 2013 à l'encontre de 11 des 22 prévenus à l'issue du premier procès. Le tribunal correctionnel de Paris avait condamné 19 des principaux prévenus à des peines d'un à sept ans de prison.
Le chef du clan, Féhim Hamidovic, 60 ans, avait ainsi été condamné à sept ans de prison (une peine inférieure aux réquisitions du parquet, qui avait requis 15 ans), son épouse Béhija à quatre ans, et leurs deux fils à cinq ans de prison.
Quinze autres prévenus ont été condamnés à des peines allant d'un à quatre ans de prison et un a été relaxé.
Avec son épouse, Féhim Hamidovic avait déjà été condamné en Autriche pour des faits similaires.
Originaires pour la plupart de Bosnie-Herzégovine, les prévenus avaient été condamnés notamment pour association de malfaiteurs, provocation de mineurs à commettre des délits, traite d'êtres humains ou encore vols en réunion.
L'enquête avait mis au jour un réseau très structuré, dans lequel les jeunes filles étaient dans un premier temps formées, avant d'être obligées à ramener 300 euros par jour en commettant des vols à la tire.
Si cet objectif n'était pas atteint, elles pouvaient subir violences et brûlures de cigarettes.
Les voleuses ciblaient les touristes asiatiques, qui voyagent parfois avec d'importantes sommes d'argent en liquide.
Selon une estimation des enquêteurs, les vols du clan auraient atteint 1,3 million d'euros en 2009.
Le réseau avait été démantelé en novembre 2010 lors d'une vague d'interpellations dans le sud de la France et en Italie. Le clan avait aussi des branches en Belgique, en Espagne et en Italie.