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Fin de la trève hivernale : Manifestation samedi à Paris contre les expulsions locatives

© PATRICK KOVARIK / AFP
© PATRICK KOVARIK / AFP

Plusieurs associations et syndicats ont appelé vendredi à une manifestation samedi à Paris pour protester contre la reprise des expulsions locatives et des coupures d'énergie pour impayés, et réclamer "un logement pour tous"

Par Isabelle Audin

Réunis au sein de la Plateforme des logements sociaux, 24 associations et syndicats, ont dénoncé une nouvelle fois la reprise, à partir du 1er avril, des expulsions locatives, à l'issue de la trève hivernale. Ils appellent à manifester samedi à 14H30 place de la République.

Cette trève, qui a débuté le 1er novembre 2013, s'étend désormais jusqu'au 31 mars depuis la promulgation de la loi Alur (accès au logement et urbanisme rénové), qui l'a prolongée de 15 jours. Elle met à l'abri pendant les mois d'hiver plusieurs milliers de familles locataires menacées d'éviction pour impayés.

"Nous allons manifester pour exiger l'arrêt des expulsions et des coupures de courants, et réclamer la baisse des loyers", a expliqué Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au logement (DAL).

La cause des expulsions, ce sont "des loyers trop chers", a renchéri Eddie Jacquemart, de la Confédération nationale du Logement (CNL). La part du budget d'un ménage consacrée au logement a augmenté de 8 points en dix ans, passant de 20 % à 28 %, a-t-il déploré, alors qu'elle est de 19 % en Allemagne.

Pour faire face aux impayés de loyers, il propose notamment la création d'une caisse de solidarité, "au même titre que l'assurance chômage", en mettant à contribution les propriétaires et la mutualisation des dépôts de garanties des locataires. Les impayés de loyers ne représentent que 2,5 % des loyers, insiste-t-il.

Benoit Filippi, de l'Association des comités de défense des locataires (ACDL) a dénoncé le "double language des préfets", qui d'un côté envoient des commandements à quitter les lieux et qui ensuite doivent reloger les familles expulsées reconnus prioritaires Dalo (droit au logement opposable). Car malgré une circulaire interdisant toute expulsion sans relogement pour ces familles, "il y a encore un trou béant entre les procédures d'expulsion et le droit au logement opposable", affirme-t-il.

Tous s'accordent à dire que la loi Alur a permis des "avancées" (lutte contre les marchands de sommeil, possibilité de poursuivre les propriétaires qui expulsent illégalement, extension des délais que peut accorder le juge avant l'expulsion...), mais insuffisantes, notamment sur l'encadrement des loyers et la garantie universelle des loyers (Gul), "vidée de sa substance" par le Conseil constitutionnel.

Clip de la Fondation Abbé Pierre contre les expulsions. En France, il faut être un meuble pour ne pas rester à la rue après une expulsion.

Portrait d'une femme expulsée par Geneviève Faure et Yves Dewulf
 

Fin de la trève hivernale
Témoignage d'une femme expulsée

 

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