Rentrée: les étudiants ont mal au portefeuille

29,6% des étudiants occupent un emploi à temps-plein pour subvenir à leurs besoins. / © CC Ben Garney
29,6% des étudiants occupent un emploi à temps-plein pour subvenir à leurs besoins. / © CC Ben Garney

Augmentation des loyers, logement de plus en plus petits, gel des bourses, les finances des étudiants ont la vie dure. D’après l’Unef, les étudiants sont de plus en plus nombreux à travailler à temps-plein durant l’année pour s’en sortir.

Par Emilie Ton

"Les dépenses des étudiants augmentent de 2% par rapport à la précédente rentrée", note le premier syndicat étudiant, l'Unef, dans un rapport dévoilé dimanche dans le Journal du dimanche. Le chiffre serait quatre fois plus important que l’inflation, en cette période de préparation à la rentrée.

"L'augmentation des loyers et des frais obligatoires (frais d'inscription, ticket restaurant, sécurité sociale) pèsent dans le budget des étudiants". Près d'un tiers d’entre eux (29,6%) occupent ainsi un emploi à temps plein pendant l'année universitaire alors qu’ils n’étaient qu’un cinquième (18,5%) en 2006.

Dans ce rapport, les étudiants interrogés sur leurs motivations, plus de la moitié juge cet emploi « indispensable pour vivre » avec, en première ligne dans les dépenses, le loyer qui y consacre en moyenne 53% de leur budget. A Paris, ce chiffre grimpe encore plus.  "Les loyers des petites surfaces continuent leur hausse: 3,1% à Paris et 2% en province", indique le syndicat, qui constate également une "hausse des charges locatives de 10% à 14%".

799 euros, soit 48% du salaire médian, c’est donc ce qu’un étudiant doit débourser chaque mois pour subvenir à ces besoins. En 2011, ces dépenses ne s’élevaient qu’à 43% de ce salaire de référence.

Pour William Martinet, président de l’Unef, "si le coût de la vie augmente à la rentrée, c'est de la responsabilité du gouvernement". Il pointe du doigt "la hausse des frais obligatoires d'un côté et le gel des bourses de l'autre".

Pour lui, les étudiants ne doivent pas payer les conséquences du plan d’économie. Il demande au gouvernement d’augmenter le niveau des bourses.  "L'engagement du président de la République était de mettre en place une allocation d'autonomie", rappelle William Martinet. "Il lui reste encore deux rentrées pour le faire".

Dans la journée, Benoît Hamon et la secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche Geneviève Fioraso ont annoncé la revalorisation de "l'ensemble des bourses sur critères sociaux à hauteur de 0,7% en septembre". "Il s'agit d'une décision forte en faveur du pouvoir d'achat", clament-ils dans un communiqué conjoint, en rappelant que "l'amélioration de la situation sociale des étudiants (était) une priorité de l'action du gouvernement".

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