Le Procureur de Paris, François Molins, vient de décider de renforcer les moyens d'enquête du Parquet de Paris dans le secteur où les délits sont en progression spectaculaire : la cybercriminalité. En 2013, 7 millions de personnes en France en ont été victimes.
Elle a coûté en France environ 735 millions d'euros en 2013, et fait 7 millions de victimes sur un an selon le "Norton Report" annuel (le plus gros concepteur mondial de système de sécurité informatique). La criminalité informatique augmente désormais partout dans le monde à très grande vitesse. Elle touche tout le monde, puisque tout le monde utilise les outils informatiques et l'internet, les particuliers mais aussi et surtout les entreprises.
Vols à la carte bancaire, programmes malveillants, virus, mais aussi intrusion dans les serveurs, piratages et vols de données, usurpation d'identité, l'imagination des cybercriminels semble chaque jour plus inventive. Les exemples foisonnent. Les affaires, petites et grandes, sont désormais partout dans l'actualité.
« La lutte contre la cybercriminalité est désormais un enjeu majeur », explique François Molins qui souligne « une augmentation exponentielle des affaires de faux ordres de virement au préjudice de nombreuses entreprises , des "escroqueries sur sites de e-commerce ou encore de dossiers liés à un usage
frauduleux de cartes bancaires ».
Dans un premier temps, l'objectif du Procureur de Paris est en effet de protéger les entreprises de plus en plus confrontées à cette délinquance. Pour l'heure et dans une période budgétaire très difficile, seuls deux magistrats sont affectés à ce nouveau pôle "cybercriminalité". Mais la décision n'en ,'a pas moins de signification. Et l'on peut déjà parier que les effectifs s'étofferont rapidement. Car dans le même temps, et dans un même ordre de préoccupations, la division financière, économique et commerciale du Parquet de Paris est renforcée. Elle compte désormais 20 magistrats.
Et dans ce lourd dossier de la délinquance économique , rappelons que le tribunal de grande instance de la capitale a créé, en février 2014, une nouvelle institution, le parquet national financier, désormais doté de 10 magistrats. Bygmalion, Tapie, des affaires sensibles, jusque-là traitées par le parquet de Paris, lui ont été confiées. Outre sa compétence exclusive sur les délits boursiers, cette institution enquête notamment sur les atteintes à la probité (corruption, trafic d'influences, égalité d'accès aux marchés publics, favoritisme) et sur la fraude fiscale dite de grande complexité.