49 millions d'euros contre la fraude dans les transports en commun

La SNCF va s'attaquer à la fraude en Ile-de-France, qui lui coûte 63 millions d'euros par an, et a annoncé ce jeudi 5 novembre un plan d'investissement de 49 millions d'euros entre 2016 et 2019 pour lutter contre ce phénomène.

© France 3 IDF
Investir 49 millions d'euros sur trois ans pour récupérer potentiellement 63 millions d'euros par an : cela s'appelle prendre le problème à bras le corps. La SNCF a présenté ce jeudi 5 novembre un ambitieux plan de lutte contre la fraude sur le réseau ferré en Ile-de-France. Parmi les mesures présentées, une augmentation du nombre de portillons de contrôle à l'entrée des gares. 14 nouvelles gares en seront équipées, dont la gare Saint-Lazare à Paris. Actuellement, 42% des gares franciliennes en ont, ce qui représente 80% du flux de voyageurs. De même, 400 nouvelles bornes de validation seront déployées, ainsi que des portillons plus larges pour laisser passer poussettes, vélos, fauteuils roulants. 

Le taux de fraude en Ile-de-France est estimé à 7,5%, soit 220.000 sur les 3 millions d'usagers quotidiens, "un chiffre qui n'a pas d'égal en Europe", affirme l'opérateur public.

Pour marquer le lancement de ce plan, la SNCF a organisé ce matin des contrôles de grande ampleur comme à la gare Transilien de Saint-Denis (reportage de Gaëlle Darengosse et Frédérique Bobin)
durée de la vidéo: 01 min 38
La SNCF lutte contre la fraude ©France 3 IDF

La SNCF compte également améliorer ses outils de vente, "pour garantir aux voyageurs la possibilité d'acheter un titre de transport en toutes circonstances: amélioration de l'accessibilité, utilisation de langues étrangères, meilleure ergonomie...".

Par ailleurs, un programme d'assermentation des agents en gare - qui informent et aident les voyageurs - est en cours. Au terme de trois jours de formation, ces agents volontaires pourront être "actifs en gare face aux contrevenants". Ils viendront, courant 2016, renforcer les 800 contrôleurs d'Ile de France.

Une des mesures du Comité national de la sécurité des transports

"Alors que le coût (du transport) en France est moindre si on le compare à d'autres pays européens (surtout pour les salariés), il n'est pas tolérable, ni pour nos agents ni pour les clients qui paient, de voir des personnes frauder par quelque manière que ce soit", a commenté le directeur général de SNCF Transilien, Alain Krakovitch, cité dans un communiqué.

La lutte contre la fraude fait partie des mesures annoncées le 19 octobre, à l'issue du Comité national de la sécurité des transports. Les états-civils et adresses des contrevenants pourront ainsi être communiqués par les administrations des finances et des organismes sociaux, tandis que le délit de fraude dit "d'habitude", qui était constitué à partir de dix contraventions sur un an pour défaut de titre de transport, sera désormais constitué dès cinq contraventions.

Le coût annuel de la fraude dans les transports est estimé à 500 millions d'euros en France.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
transports économie
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter