Autisme : la thérapie par l’escrime

Au cœur du XIXe arrondissement de Paris se trouve un club où se réunissent chaque semaine de jeunes autistes. À travers la pratique de ce sport, ils peuvent s’épanouir et progresser dans l’accomplissement de tâches du quotidien.

Au club d’escrime du Chevalier d’Assas au cœur de Paris, ce sont près d’une quinzaine d’escrimeurs autistes qui viennent améliorer leurs compétences à l’épée, au fleuret et au sabre. Face à ces amateurs du sport, les maîtres d’armes doivent adapter les séances afin de répondre le mieux possible aux besoins de chacun selon le degré du handicap. 

Si le niveau de concentration peut varier selon les individus, l’envie de bien faire est présente chez chacun d’entre eux. "Mon but, c’est d’attaquer mon adversaire jusqu’à avoir la touche, je veux gagner à tout prix", sourit Aristote, 18 ans. Lorsqu’il s’agit de concentration, Carole Broca Wander, la maître d’armes confie que le cadre de son sport est propice à celle-ci quel que soit le degré de handicap. "Le masque leur permet de se créer une bulle de concentration" explique-t-elle.

« Ce sport leur apporte un équilibre et les aide à progresser dans la vie de tous les jours »

La professeure reconnaît également que son sport apporte aux jeunes autistes une forme d’équilibre et facilite la prise de contact avec les autres. "Nous pratiquons un sport de contact et celui-ci amène à terme le contact humain", précise-t-elle. "Le fait de toucher et d’être touché peut servir de premier pas vers l’autre pour ces jeunes", poursuit la maître d’armes. 

Enfin, elle estime que l’escrime permet aux jeunes autistes de développer leur sens de l’équilibre. "La coordination que requiert notre sport les aide dans la vie de tous les jours quand il s’agit de tenir une fourchette ou encore de tenir debout sur un escalator", confie-t-elle.  

« Handicap ou pas, l’objectif est le même pour tous : passer un bon moment »

Le club a à cœur d’intégrer ces jeunes escrimeurs autistes au cœur des activités auxquelles tout le monde participe. Ainsi, une fois par an, tous les licenciés sans exception participent à une compétition interne. "Le fait de les intégrer gomme les caricatures. A partir du moment où l’on met un masque et sa tenue, on a tous le même objectif : faire de l’escrime et passer un bon moment", déclare la présidente du club Marilyn Barca-Cysique. Elle estime également que l’escrime permet de passer une barrière "que l’on ne passerait peut-être pas autrement".                                   

 

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