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Islamophobie: le maire de Wissous risque d'être exclu de l'UMP

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Le maire de Wissous, dans l’Essonne, risque d’être exclu de l’UMP après avoir eu un comportement jugé islamophobe, notamment sur les réseaux sociaux, qui a ouvert la porte à une vague de racisme dans la ville.

Par Emilie Ton

Depuis plusieurs semaines, la page Facebook de Richard Trinquier, maire de Wissous, est devenue le rendez-vous de la haine. Tous les jours, des propos injurieux et racistes des élus de la ville comme des habitants y circulent. Et s'ils arrivent jusque là, c'est en partie parce que le maire poste régulièrement des articles sur les dangers qu'il associe à l'islam.

« Je suis abasourdi, horrifié par ce que je découvre. C'est juste inadmissible », a déclaré Georges Tron, patron de l'UMP en Essonne, au Parisien. « Si Richard Trinquier ne se désolidarise pas et ne désavoue pas ces élus, s'il assume leurs propos ou réitère ceux qu'il aurait lui-même tenus, une exclusion sera demandée, » prévient-il.

Comme le rappelle le Parisien, Richard Trinquier accuse l'islam de vouloir « imposer ses principes ». Pendant l'été déjà, il avait décidé d'interdire l'accès à la plage de la ville aux femmes voilées. En réponse à ces propos islamophobes, les habitants de la ville ont eux aussi ouvert les vannes. Les commentaires sont d'autant plus injurieux et racistes que les articles postés en eux-mêmes.

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La violence est telle que depuis plusieurs semaines, les musulmans de la ville sont insultés publiquement, en pleine rue. Dans l'édition du Parisien du mercredi 10 septembre, une habitante raconte l'enfer qu'elle vit depuis les dernières semaines. Insultes, lettres anonymes... La discrimination est devenue monnaie courante pour cette mère de famille musulmane.

Dans cette ville, il n'y a plus de retenue. Et si certains habitants de la ville se permettent d'être aussi ouvertement racistes, c'est qu'à la mairie, ce n'est pas forcément mieux. Ainsi, une conseillère municipale, qui devait penser la voie libre, a invité ceux qui ont la double nationalité à « retourner au cul de leur âne dont ils n'ont pas su évoluer. »

La situation est devenue tellement grave que l'association musulmane de la ville, Al-Medina, a saisi la préfecture de l'Essonne afin de demander une protection pour les musulmans de Wissous.

Le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), a fait enregistrer par huissier les commentaires Facebook (disponibles ci-dessus mais qui ont depuis été supprimés du réseau) afin de demander l'exclusion du maire. « De tels propos, prononcés ou relayés, sont contraires à nos statuts, mais ils sont surtout contraires à nos valeurs et à notre philosophie », a insisté Georges Tron.

De son côté, le maire de Wissous se défend de tout racisme. « Je ne suis pas responsable des propos des autres, et je défends quiconque de me traiter de raciste comme cela a été fait. J'ai moi-même été assez victime de racisme pour savoir ce que c'est. Je n'accepte pas les dérives, cela est différent ».

Sur les réseaux sociaux, les haineux de Wissous sans retenue

Pendant ces dernières semaines, les réseaux sociaux, notamment Facebook, ont canalisé la haine qui se déversait sur la ville de Wissous. Derrière les écrans, les commentateurs sont d'autant plus virulents que dans la réalité.

Ainsi, certains appellent au meurtre : « Tuons les tous, femmes et enfants, dieu reconnaîtra les siens. » Et d'autres accusent, paradoxalement, les musulmans de haine : « Ils veulent imposer leur mode de vie, leurs coutumes un point c'est tout ! Ces gens nous détestent au plus haut point, il faut en être conscient ! »

Parmi ces commentaires, on peine à trouver une voix discordante. Les contenus ont cependant été signalés depuis, puis supprimés par les administrateurs des réseaux sociaux.

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