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L'assassin d'un diamantaire parisien jugé en appel aux assises de l'Essonne

Un négociant de diamants comparaît en appel à partir de lundi 24 février 2014 devant la Cour d'assises de l'Essonne pour l'assassinat d'un joaillier en 1997 à Paris, un crime pour lequel il a été condamné à 25 ans de prison en 2011.
Un cinquième procès, 17 ans après les faits : la Cour d'assises de l'Essonne examinera dès demain, lundi 24 février 2014, le dossier du meurtre de Roger Szumeraj, diamantaire parisien. 

Le 2 mai 1997, le diamantaire de 54 ans Roger Szumeraj est retrouvé mort dans son atelier rue Lafayette, à Paris, tué de trois coups de feu, au visage et à la poitrine. Sur place, deux boîtes contenant des pierres précieuses ont disparu. Roger Szumeraj, alias Roger Super, avait rendez-vous ce jour-là avec Nissim Kakon, aussi connu sous le nom de Sami Kakon, pour régler un conflit autour d'un diamant d'une valeur de 171.600 dollars (152.450 euros). Szumeraj avait confié le gemme à Kakon pour le vendre place Vendôme, mais le courtier en diamants ne lui aurait jamais remis l'argent.

Le soir de l'assassinat, Sami Kakon s'enfuit. La police cherche à interroger l'homme qui est introuvable. Le 5 mai, il est en transit entre le Maroc et Israël. Son épouse et ses deux fils s'apprêtent à le rejoindre le 6 mai, mais la police les intercepte. Dans leurs bagages, on retrouve la carte d'identité de Sami Kakon, ainsi que des documents évoquant ses nombreuses dettes. Le lendemain, le 7 mai, Nissim Kakon appelle sa femme et lui confie qu'il a assisté au meurtre de Roger Szumeraj, un crime perpétré par "un jeune coursier" qui se serait emparé des bijoux. Sur les conseils de son épouse, il appelle la police pour faire part de son témoignage puis disparaît. Quelques mois plus tard, sa famille le rejoint en Israël et s'y installe, Sami Kakon, ayant la double nationalité israélo-marocaine. Les différentes tentatives auprès des autorités judiciaires ne permettent pas de procéder à son arrestation, puisqu'Israël n'extradait pas ses nationaux avant 2006.

Lors du premier procès en décembre 2006, le banc des accusés est vide, Nissim Kakon est condamné par défaut à 30 ans de prison. Il est finalement extradé en 2008. En janvier 2010, le deuxième procès est ajourné, Kakon ayant changé d'avocat la veille. Quelques mois plus tard, lors du troisième procès en mai 2010, la défense réclame un supplément d'information. Kakon est jugé un an plus tard, en mai 2011 et écope d'une peine de 25 ans de prison. "Il s'agit du cinquième procès pour la famille", explique à l'AFP l'un des avocats de la famille Szumeraj, Me Pauline Manesse, précisant que dans une carrière d'avocat, "on n'a jamais vu ça, un assassinat jugé 17 ans après, au cinquième procès!" "La famille est extrêmement angoissée à l'idée d'être reconfrontée à M. Kakon , à ses mensonges, c'est un traumatisme qui se répète systématiquement", ajoute l'avocate.

Sami Kakon, âgé de 65 ans, a toujours clamé son innocence. Le courtier en diamants indique qu'il venait rendre ce jour-là le diamant à Roger Szumeraj - une pierre qui n'a jamais été retrouvée - et affirme que l'assassin est un coursier russe. La famille Szumeraj, elle, ne s'attend pas à des aveux au cours de ce nouveau procès: "on ne l'imagine pas avouer le crime, on a compris sa mécanique à l'audience, il n'est pas dans une position de repenti", affirme Me Manesse. Contacté par l'AFP, l'avocat de M. Kakon, Me Jean-Yves Liénard, était injoignable.
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