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La trajectoire francilienne de Manuel Valls

Militant socialiste depuis 1980, c'est à l'intérieur des "réseaux socialistes" que Manuel Valls a appris à maîtriser la conduite d'une carrière politique. L'histoire de son implantation locale en Ile-de-France en est une parfaite illustration.
Premier commandement pour qui veut espérer construire une vraie carrière politique en France : avoir un ancrage local bien identifié. Et s'y référer très souvent.
Plus le candidat, et à fortiori l'élu, est devenu indissociable de son territoire, plus c'est, pour l'électeur et l'opinion publique, une sorte de certificat d'attachement, donc sans doute d'engagement, au service du lieu et de ses habitants.

Si l'on n'est pas né sur place, ce premier commandement signifie donc qu'il faut, très vite, très tôt, commencer un enracinement quelque part.

Manuel Valls, né à Barcelone, et qui vivait à Paris, chez ses parents, a vite compris cette nécessité. Son premier mandat remonte à 1986, il a alors 24 ans et il est conseiller régional d'Ile-de-France. Mais le mandat, s'il lui permet de mettre un pied dans la politique, et dans la politique francilienne singulièrement, n'est pas, à l'époque, véritablement un mandat local. Le mode d'élection fait de lui un élu à la proportionnelle sur une liste départementale. Pas de quoi être identifié à un territoire !


Première tentative à Argenteuil


C'est à Argenteuil, dans le Val-d'Oise qu'il va poser une première fois ses bagages pour tenter d'y attacher ses racines. Il devient conseiller municipal, ajoint au maire d'Argenteuil, en 1989, à 27 ans. Il demeurera adjoint au maire jusqu'en 1998. Ensuite il en sera simple conseiller municipal jusqu'en 2001.

C'est qu'entre temps, en 1997, toujours à Argenteuil, il est candidat aux législatives dans la cinquième circonscription du Val-d'Oise. Mais il échoue. Car il a, en face de lui le patron du Parti Communiste, le Secrétaire général du PCF, Robert Hue. Il est distancé à la fois par Robert Hue et par le chef de file local de la droite, Georges Mothron. 
Cependant, il est réélu, en 1998, au Conseil Régional dont il devient Premier vice-président auprès de Jean-Paul Huchon

Dans les mêmes années, à partir du milieu des années 80, via le militantisme, il mène une carrière parlementaire d'abord puis ministérielle auprès de Michel Rocard et de ses réseaux. 


Finalement ce sera Evry et l'Essonne


Devenu, en 1997 chargé de la communication et de la presse auprès de Lionel Jospin, Premier ministre, il change de dimension et le Parti Socialiste va alors lui trouver une implantation locale beaucoup plus identifiable et plus solide. Pour cela, il est "parachuté" en 2000, avant les élections municipales de 2001, à l'autre bout de l'Ile-de-France, en Essonne, à Evry. A l'époque, le maire PS d'Evry, Jacques Guyart vient d'être condamné pour trafic d'influence même s'il fut ensuite relaxé en appel. 

Son élection, en 2001, est une formalité. Le voilà donc maire d'une ville de 50 000 habitants, un statut qui correspond davantage à ses ambitions et lui permet d'associer un territoire identifié à son image.

L'année suivante, en 2002, il prend également le siège de député de l'Essonne. Le voilà installé désormais sur la rampe de lancement. Pendant les 12 années qui suivent, jusqu'en 2012, date de son entrée au gouvernement, il va s'attacher à incarner l'élu enraciné à Evry et dans l'Essonne. Même son mariage, en 2010, la musicienne Anne Gravoin, se déroule dans sa mairie, à Evry. Et sa déclaration de candidature à la primaire du PS en 2012 se fait à Evry.

En 2012, il laisse son mandat de maire d'Evry à l'un de ses fidèles, Francis Chouat, pour devenir ministre de l'intérieur, mais il reste conseiller municipal.
Et au moment d'annoncer sa candidature à la primaire du PS de 2017, pour préparer sa candidature à l'élection présidentielle, pour rien au monde il n'aurait choisi un autre lieu que sa ville d'Evry.
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