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Île-de-France – En grève de la faim dans les Centres de rétention pour dénoncer leurs conditions de détention

Des policiers derrière l'entrée du Centre de Rétention Administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne). / © JOEL SAGET / AFP
Des policiers derrière l'entrée du Centre de Rétention Administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne). / © JOEL SAGET / AFP

Plus d'une centaine d'étrangers en Centre de rétention administrative (CRA) sont entrés en grève de la faim depuis début janvier pour protester contre des "conditions d'enfermements indignes".

Par Marc Taubert

"Juste on te garde vivant", résume un homme détenu en Centre de rétention administrative (CRA), ces lieux où sont placés les étrangers en attente de rapatriement. "L'étranger retenu dispose de certains droits et peut recevoir l'aide d'associations", affirme bien le site service-public.fr.

À le lire le témoignage du détenu, l'impression est différente. Absence d'accès aux soins, médicaments en nombre très limité, nourriture exécrable ou encore des violences policières. Depuis le 3 janvier, une centaine de détenus sont entrés en grève de la faim. D'abord dans le CRA de Vincennes (Val-de-Marne), puis 5 jours après, dans celui du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne). Le mouvement s'est depuis propagé dans deux autres centres de l'Hexagone, à Oissel (Seine-Maritime) et à Sète (Hérault).
 

Demande de "repas corrects"

Les premières revendications des détenus concernent la nourriture et la propreté. La demande formulée par un détenu et relayée sur un blog ne paraît d'ailleurs pas excessive puisqu'il demande "des repas corrects".

"La nourriture est en quantité très insuffisante, ils me disent souvent qu'ils ont faim", détaille un employé de la Cimade travaillant au CRA du Mesnil-Amelot et préférant rester anonyme. L'employé pointe également le non-effort réalisé sur les questions de régimes alimentaires, en particulier concernant la religion.

Dans le centre, l'accès au soin est aussi déplorable. "L'infirmerie n'est pas ou peu accessible alors qu'ils sont nombreux à avoir des pathologies. Il y a de façon récurrente des épidémies de gale. J'ai aussi vu un homme avec une tuberculose contagieuse qui est resté presque deux semaines en zone commune", raconte l'employé.
 

Gestion erratique des malades psychiatriques

Et il vaut mieux ne pas avoir de troubles psychiatriques. Car il n'existe qu'un psychiatre pour tout le centre (qui compte 240 places), présent … environ un jour par semaine.

Pour régler le problème, les gardiens (des policiers), ont semble-t-il, des méthodes expéditives. "La pratique de mise à l'isolement est fréquente, cela correspond au mitard en prison. Les personnes concernées sont surtout des personnes qui se mutilent ou veulent se suicider."
 

Allongement des périodes de rétention

Une récente loi, celle du 2 janvier 2019, a doublé la durée maximale d’enfermement autorisée la portant à 90 jours. "L'État enferme énormément, les chiffres sont les plus élevés d'Europe. En 2018, on parle de 20 à 40 % en plus dans tous les centres où l'on intervient", déplore Nicolas Pernet, responsable régional de la Cimade en Île-de-France.

Et d'ajouter : "Les conditions d'enfermement sont médiocres voire indignes. Il y a une violence institutionnelle par rapport aux personnes en situation irrégulière. Parfois ils sont expulsés en violation de leur droit au recours. Des mineurs non-accompagnés sont aussi expulsés, ce qui est totalement illégal."
 

Ils en parlent :

Le média en ligne StreetPress a réalisé une enquête sur les violences policières dans les Oissel et de Roissy.

Le #3MoisDerrièreLesBarbelés rapporte les témoignages de détenus étrangers sur Twitter de même que le blog "A bas les CRA".

 

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