Confinés dans le bruit, le calvaire des Franciliens situés à proximité de travaux

Les travaux des particuliers et les chantiers privés sont autorisés malgré le confinement. Pour les voisins contraints de vivre dans le bruit, les journées deviennent invivables surtout pour ceux en télétravail ou avec des enfants en bas-âge. 
Depuis début avril, les habitants du 11 rue de l'Evangile à Paris sont confinés dans le bruit.
Depuis début avril, les habitants du 11 rue de l'Evangile à Paris sont confinés dans le bruit. © V. T-L
Des bruits de marteau, de disqueuse, d’aciers qui s’entrechoquent, voilà le quotidien des habitants du 11 rue de l’Evangile dans le XVIIIe à Paris depuis début avril. Alors qu’en Ile-de-France, le bruit a sensiblement baissé, pour les habitants de cette rue situé dans le quartier Marx Dormoy, c’est loin d’être la quiétude. « C’est l’enfer, ça commence entre 8 h et 9 h, et jusqu’à 16 ou 17 heures non stop. Déjà que des travaux c’est pénible en temps normal mais là avec le confinement, c’est pas vivable !», déplore Sarah Labidurie, locataire au 4e. 
Des échafaudages ont été installés pour permettre aux ouvriers d’accéder au toit qu’ils doivent réparer. « En plus du bruit, on ne voit plus le ciel, on a la vue sur l’échafaudage », poursuit Sarah Labidurie. « Certains habitants de l'immeuble ont de jeunes enfants qui ne peuvent plus faire de sieste ».

Au 5e et dernier étage, Victor Tribot Laspière, locataire lui aussi, déplore le maintien de ce chantier en plein confinement. « Je subis de plein fouet, c’est l’enfer! Je suis en télétravail et je n’entends à peine ce qu’on me dit au téléphone».

Les travaux de réfection de la toiture avaient été votés en assemblée générale avant le confinement. Des locataires et des propriétaires ont tenté de reporter le chantier sans succès. « J’ai envoyé plusieurs mails au cabinet qui gère le syndic de copropriétaires et le conseil syndical leur a aussi demandé un report après le confinement et ils ont refusé », affirme Sarah Labidurie.  Le cabinet Debayle, en charge de la gestion du syndic assure ne pas être au courant des nuisances sonores occasionnées. « Ça ne nous a jamais été signalé. Les travaux ne sont pas annulés ni ajournés, on a eu toutes les autorisations administratives », affirme Frédéric Quaranta, le directeur du cabinet.
Le chantier doit se poursuivre jusqu’en août 2020. « Ça fait deux ans que le problème existe, je pense qu’on aurait pu décaler de 2-3 mois », affirme Victor Tribot Laspière.

La nature de certains travaux devrait être plus encadrée voire interdite

Ces habitants ne sont pas les seuls à subir des nuisance sonores. Dans le XVIIe arrondissement, le maire Geoffroy Boulard (LR) affirme avoir reçu de nombreuses plaintes des habitants de son arrondissement. «  J’ai un couple de soignants qui m’a interpellé. Ils rentrent des hôpitaux et ils n’en peuvent plus, ils sont en train de craquer, il y a un enjeu de santé publique. Le bruit a une incidence sur la santé. » Le maire souhaite des restrictions sur certains travaux. « J’ai demandé au préfet de police et au préfet de région d’étudier la question afin de restreindre certains travaux. On ne peut pas avoir le marteau-piqueur de 14 heures à 17 heures. La nature de certains travaux devrait être plus encadrée voire interdite. », affirme t-il.
La mairie de Paris a suspendu tous les travaux dont elle est maître d’ouvrage. Seuls les chantiers urgents, comme ceux liés au gaz, continuent. Aujourd'hui, la règlementation autorise les travaux bruyants de 7 h à 22 h les jours de semaine et entre 8 h et 20 h le samedi. La mairie de Paris recommande néanmoins un report des travaux privés mais pour l’instant aucun arrêté n’est évoqué.
 
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