Gilets jaunes – Pour la première fois, un policier jugé pour des violences contre des manifestants à Paris

Des affrontements entre manifestants et policiers avaient eu lieu lors des manifestations du 1er Mai à Paris. / © LUCAS BARIOULET / AFP
Des affrontements entre manifestants et policiers avaient eu lieu lors des manifestations du 1er Mai à Paris. / © LUCAS BARIOULET / AFP

Un policier devant la justice pour violences volontaires contre des gilets jaunes. Il est accusé d'avoir lancé un pavé sur des manifestants, le 1er mai dernier. Le parquet a requis trois mois de prison avec sursis à son encontre.

Par MT avec AFP

La vidéo était devenue virale sur les réseaux sociaux. On y voit un policier jeter un pavé vers des gilets jaunes le 1er mai dernier, sans voir s'il a fait des blessés. Le procès de ce policier, identifié comme étant un brigadier membre de la CRS 27 basé à Toulouse, commence ce jeudi 21 novembre à Paris.

La scène s'est déroulée en face de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris XIIIe), lors d'une journée d'action marquée par des heurts. Les faits ont eu lieu vers 17h30, selon Laurent Bortolussi, journaliste de l'agence indépendante Line Press, auteur de la vidéo.

C'est la première fois qu'un policier est jugé pour des violences policières contre des gilets jaunes (un autre sera jugé avant la fin de l'année). Une audience qui a lieu dans une ambiance tendue après de nouveaux affrontements lors des manifestations pour l'anniversaire du mouvement. Trois mois de prison avec sursis ont été requis à son encontre.
 

L'IGPN accusé de complaisance envers les policiers

"Nous ne devons pas faire l'impasse sur la colère à laquelle les policiers ont été confrontés pendant plusieurs heures ce jour-là", soutient le conseil du fonctionnaire, qui va plaider la relaxe et récuse tout dérapage.

Quelques minutes auparavant, le commandant de sa compagnie avait été gravement blessé au visage par un pavé jeté par un manifestant puis hospitalisé pour un traumatisme crânien.

"Le geste est condamnable administrativement mais judiciairement j'ai un doute", explique à l'AFP une source policière. "Le procès va permettre de déterminer, ou pas, la culpabilité, sachant qu'il n'y a pas d'identification de victimes", a-t-elle ajouté.

Selon les chiffres recueillis par l'AFP auprès du ministère de la Justice, 212 enquêtes ont été ainsi confiées à la "police des polices" à Paris. En France, ce sont 372 procédures qui ont été enregistrées. Parmi elles, 109 ont été classées sans suite et 29 ont fait l'objet de l'ouverture d'une information judiciaire, les autres procédures étant encore en cours de traitement.
 

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