En Île-de-France, l'eau du robinet est globalement de bonne qualité

Une étude d'UFC-Que choisir révèle la bonne qualité de l'eau qui sort du robinet dans la région. L'association alerte tout de même sur les traces de perturbateurs endocriniens présents dans les pesticides.

Dans la plupart des communes de la région, les habitants disposent d'une eau de bonne qualité.
Dans la plupart des communes de la région, les habitants disposent d'une eau de bonne qualité. © FRANCK FIFE / AFP

En Île-de-France, rares sont les zones où la qualité de l'eau potable n'est pas bonne. Elles existent comme sur les communes de Vayres-sur-Essonne ou Boutigny-sur-Essonne. Ou a Courcelles-sur-Viosne (Yvelines) où une molécule chimique (le sélénium) y a été détectée.

Dans la majorité des autres communes, la qualité y est élevée voire très élevée. "Dans les bordures de la région, il peut y avoir des contaminations agricoles. Paris se trouve au milieu d'une zone de grande agriculture intensive. Mais notre étude montre que la conformité s'améliore", explique Olivier Andrault, chargé du groupe alimentation à l'UFC-Que Choisir et l'un des auteurs de l'étude.

Ainsi, 98% des consommateurs ont accès à une eau du robinet conforme à la réglementation, 2% de plus que lors de la dernière étude réalisée en 2019.

Augmentation du prix de l'eau

Mais selon cet expert, cette belle situation ne doit pas faire oublier la persistance des pollutions dont l'agriculture intensive est toujours principalement responsable. Dès lors, comment expliquer ces performances ?

Selon Olivier Andrault, trois critères expliquent cette amélioration : la fermeture des réseaux contaminés en pesticide de manière chronique, l'amélioration des techniques de dépollution et la loi NOTRe qui a obligé les petites communes à se regrouper pour traiter l'eau.

"Les petites communes, de la taille d'un village, n'ont pas les moyens d'acheter les installations de dépollution performante. Cela marche mais il y a un impact financier avec une augmentation du prix de l'eau. Ce sont donc les consommateurs qui paient dans une sorte de négation du principe du pollueur payeur", poursuit-il.

Perturbateurs endocriniens

Autre motif d'inquiétude : la présence de perturbateurs endocriniens. Ceux-ci ne dépassent pas forcément les teneurs légales, mais pourraient avoir malgré tout des conséquences importantes.

"À bas bruit, la population est exposée à des doses légales. Des études montrent des effets, même faibles. C'est leur caractéristique, elles ont des effets à de faibles doses. On parle de fenêtre de susceptibilité. Par exemple, sur les premiers mois de grossesse, on peut avoir des développements sur le fœtus", alerte François Veillerette, porte-parole de l'association Générations futures qui a participé à l'étude de l'UFC-Que Choisir.

Ces perturbateurs sont présents dans de nombreux pesticides agricoles autorisés par l'Union européenne.

Disparité dans l'analyse entre territoires

Signe de l'inquiétude croissante des consommateurs, des distributeurs d'eau tentent de développer des outils pour informer les consommateurs. La Sénéo, deuxième distributeur en France, diffuse un bulletin à ses abonnés d'une dizaine de communes de l'ouest parisien depuis ce mois.

"À travers ce bulletin, nous souhaitons attester aux usagers que notre eau est sûre", déclare ainsi Florent Casy, Directeur Général du distributeur cité par un communiqué.

Minéraux, paramètres physico-chimiques ou bactériologiques sont ainsi rendus publics. Ce n'est pas le seul opérateur à s'être lancé dans ce type de communication. Le SEDIF via son délégataire, Veolia Eau d'Île-de-France (principal distributeur dans la région) a monté une application destinée aux usagers qui peuvent notamment vérifier la qualité de leur eau depuis le 12 avril.

Reste à savoir comment elle est analysée. Car dans leur étude, les auteurs d'UFC-Que Choisir ont fait une étonnante découverte. "En moyenne, dans les analyses officielles, on recherche 200 molécules. C'est une moyenne. En région parisienne, ce sont 400 molécules qui sont recherchées. Mais dans une vingtaine de département, on en cherche beaucoup moins. Dans, l'Aisne, ce sont seulement 12 molécules de pesticide qui sont analysées", rapporte Olivier Andrault.

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