REPORTAGE. JO de Paris 2024 : la vidéosurveillance généralisée dans les transports pour sécuriser les déplacements

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Le réseau francilien compte plus de 100 000 caméras. Un nouveau centre d'exploitation de ces caméras a ouvert il y a un an au sein de la préfecture de police de Paris, décrit comme "unique en Europe". Visite du Centre de coordination opérationnel de sécurité.

Interdiction de filmer le CCOS, le Centre de coordination opérationnel de sécurité. Pourtant, c'est dans ce service de la préfecture de police de Paris que toutes les images de vidéosurveillance des transports en commun arrivent.

"Ce centre est unique en Europe. C'est un centre où vous avez 101 000 caméras dont les images sont rapatriées au même endroit et dans lequel il y a un partage d'informations quasiment total entre la police, la gendarmerie, la SNCF, la RATP et les opérateurs", affirme Valérie Pécresse, présidente (LR) de la région Île-de-France et d'Île-de-France Mobilités (IDFM), l'autorité régionale régulatrice des transports en commun.

Créé il y a un an, il permet aux forces de police d'être alertées des infractions et aux magistrats de constater des flagrants délits. Ce centre expliquerait les bons chiffres de la baisse de la délinquance dans les transports en commun constatée ces derniers mois. Selon le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, "sur les 7 premiers mois de l'année comparée aux 7 mois de 2022, la baisse est de 13 %", a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse commune avec Valérie Pécresse ce vendredi. Selon lui, certaines catégories d'infractions chutent : -30 % pour les vols avec violences ou -20 % concernant les violences aux personnes.

Premier test avec la Coupe du monde de rugby

Une bonne nouvelle pour les autorités alors qu'une affluence inédite est attendue dans les transports en commun franciliens lors des prochains Jeux olympiques. En effet, sept millions de personnes devront être transportées pendant les deux semaines (26 juillet-11 août) et trois millions pendant les paralympiques (28 août-8 septembre).

Des flux qui seront particulièrement concentrés à certains endroits : sur les 25 sites des JO (dont le Stade de France) provoquant des pics plusieurs fois par jour, ce que les opérateurs n'ont pas l'habitude de gérer.

À cet égard, la Coupe du monde de rugby (du 8 septembre au 28 octobre) fait figure de test grandeur nature. "Nous ne sommes pas complètement naïfs. On sait que lorsqu'il y a une fréquentation importante des transports en commun, cela peut tenter. Je rappelle qu'ici nous avons le déport de la totalité des caméras qui sont dans les transports en commun, ce qui nous donne un champ visuel qui est absolument exceptionnel. Donc oui, ce sera l'un des points majeurs de la sécurité pendant la Coupe du monde de rugby", se félicite le préfet de police de Paris.

Faible baisse des atteintes sexuelles dans les transports

Augmentation des moyens humains (125 équipes de police sillonnent actuellement le réseau francilien, le chiffre sera porté à 700 lors des JO), recours à des agents privés : une catégorie d'agressions ne baisse que très peu, les atteintes sexuelles.

"Au moment où je vous parle, nous enregistrons 773 infractions à caractère sexuel sur les 7 premiers mois de l'année, toutes catégories confondues (agressions, vols, atteintes sexuelles). Elles sont en baisse de 4%", poursuit Laurent Nuñez qui voit dans cette statistique relativement stable la hausse des plaintes de femmes qui, auparavant, ne l'auraient pas fait.

"Il y a une vraie prise de conscience des problèmes de sexisme. Les femmes se sentent le droit de s'exprimer lorsqu'elles sont victimes de harcèlement ou de sexisme", confirme Christiane Dupart, vice-présidente de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT).

Mais elle regrette la faible information des usagers : "Il pourrait y avoir une campagne d'affichage, c'est, pour l'instant, sûrement insuffisant". Et de poursuivre : "À certaines heures, les femmes adoptent des stratégies de contournement : elles évitent de prendre les transports collectifs ou bien s'habillent de manière différente pour ne pas trop s'afficher. C'est quelque chose que nous condamnons. Les femmes ont le droit à la mobilité et de s'habiller comme elles le veulent."

Aveugle dans certains lieux

D'autant qu'avec ses 101 000 caméras placées dans le réseau francilien, le dispositif a encore des failles et les policiers encore aveugles dans certains lieux. "On a aujourd'hui un réseau qui est couvert entièrement en réseau de surface et du tramway, entièrement en gare routière, entièrement en gare, entièrement sur le réseau. Ce qui manque, c'est un certain nombre de rames qui ne sont pas encore vidéo-surveillées et notamment le métro parce qu’on a encore des rames anciennes", indique Valérie Pécresse.

700 rames ne seraient ainsi pas couvertes par la vidéosurveillance. Mais les nouvelles rames, qui arrivent progressivement, vont permettre, petit à petit, de combler ce vide.

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