Hôtel-Dieu : manifestation en forme de funérailles pour protester contre la fermeture

© THOMAS SAMSON / AFP
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Cercueil sur les épaules, les opposants à la fin des urgences de l'hôpital parisien de l'Hôtel-Dieu ont mimé ce vendredi 1er novembre 2013 les funérailles d'un patient mort de n'avoir pas été pris en charge à temps par des services saturés.

Par AN / AFP

Les urgences de l'Hôtel-Dieu sont remplacées à partir de lundi 4 novembre 2013 par un service de consultations 24 heures sur 24. Les patients transportés par les pompiers seront dirigés vers d'autres hôpitaux tandis que ceux qui viennent par leurs propres moyens seront pris en charge par des médecins. Les opposants au projet de réorganisation ont célébré de fausses funérailles  ce vendredi 1er novembre au matin. Le cortège d'une quarantaine de personnes a escorté le cercueil sur quelques mètres, jusqu'au pied du Panthéon.

"A la mort du service public, la patrie reconnaissante", s'est écrié un participant, en écho à l'inscription "Aux grands hommes, la patrie reconnaissance" sculptée sur le fronton de l'édifice. Une silhouette drapée de noir, le visage dissimulé par un masque blanc, brandissait une faux. "Je représente la mort et je viens chercher le premier patient qui est décédé du fait de la fermeture des urgences de l'Hôtel-Dieu", a expliqué sous son déguisement un militant du parti de gauche, Samir Dandois.

Les opposants au projet de la direction de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) jugent que la réorientation des flux de malades va provoquer la "sursaturation" des services d'urgences parisiens. "Le mort symbolique, c'est pas que des mots en l'air. Toutes les études le montrent: plus on attend aux urgences, plus on meurt", a déclaré dans sa blouse blanche l'urgentiste Gérald Kierziek, fer de lance de l'opposition. "Les élus, (la ministre de la Santé) Marisol Touraine peuvent empêcher ce premier mort par une simple décision avant le 4 novembre", a-t-il ajouté.

La ministre avait déclaré en juillet qu'elle souhaitait "décaler" la date de fermeture des urgences afin de ne "prendre aucun risque sur la prise en charge des urgences à Paris au début de l'hiver prochain", mais n'a pas contrecarré depuis le calendrier de l'AP-HP. Cette dernière souhaite transférer son siège à l'Hôtel-Dieu et convertir l'établissement en centre de recherche et d'enseignement, sans lits d'hospitalisation.

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