"La situation est catastrophique" : l'AP-HP déclenche le niveau 2 du plan "hôpital sous tension" en Île-de-France

Publié le Mis à jour le
Écrit par Tom Rousset .

Ce mardi, l'AP-HP a déclenché le niveau 2 du plan "hôpital sous tension" pour faire face à l'épidémie de bronchiolite qui sature les établissements franciliens. Cette mesure d'urgence alerte les professionnels de santé qui pointent du doigt les manques de moyens humains et matériels.

Manque de personnel, lits fermés et saturation des urgences. Ce mardi, l'AP-HP a déclenché le niveau 2 du plan "hôpital sous tension" dans ses 38 établissements franciliens. "La situation est catastrophique", alerte Christophe Prudhomme, médecin urgentiste au SAMU 93. En cause, entre autres, une épidémie de bronchiolite qui met à mal le personnel des urgences. Dans son dernier bilan publié ce mercredi, Santé Publique France évoque une "nouvelle augmentation des hospitalisations" liées à la bronchiolite sur tout le territoire national. 

Une situation inédite 

"C'est inédit", note le Dr Laurent Dupic, responsable du SMUR pédiatrique à l'Hôpital Enfants Malades Necker. Le chef de service indique que "l'épidémie de bronchiolite prend de l'ampleur et cela arrive au moment où le système hospitalier n'est pas en mesure de réagir de manière adaptée". Il fait également remarquer que le déclenchement d'un plan d'urgence pour la bronchiolite est une première historique. 

De nombreux services sont saturés depuis quelques semaines. Faute de place, des centaines de patients sont hospitalisés sur des brancards. Selon nos confrères de France Inter, 170 personnes ont été dans cette situation depuis le début de la semaine. Le passage au niveau 2 implique la déprogrammation d'opérations jugées "non-urgentes" afin de faire de la place dans les services. 

"Notre travail est de trier les patients. Les déprogrammations vont créer du retard sur des interventions chirurgicales ", déplore Christophe Prudhomme. Il craint que certaines déprogrammations engendrent des "pertes de chance par manque de moyens". Il développe en expliquant que "plus vite, on traite une tumeur, plus on a de chance de sauver les patients. Si on les traite à temps, ce sont donc des morts évitables."

"La crise est grave" 

Le médecin urgentiste au SAMU 93 dénonce également le manque de moyens dont souffre l'hôpital. "La crise que nous vivons est grave. Depuis septembre, nous n'avons pas réussi à rouvrir les lits qui avaient été fermés cet été", constate-t-il. 

Entre 20 et 25% des lits de l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris restent fermés faute de personnel. Il pointe également du doigt la carence de moyens humains à l'AP-HP. "Selon les mois, il manque entre 1 500 et 2 000 infirmières", explique-t-il. Il alerte en dernier lieu sur le fait que le secteur médical peine à recruter. "Nous avons plus de démissions que de personnels qui se proposent à l'embauche."

Pour expliquer cette crise, il évoque la dégradation des conditions de travail. Au niveau national, le médecin urgentiste assure que "200 000 infirmières en âge de travailler finissent par changer de métier."

Enfin, il met en cause le gouvernement qui "minimise" la crise selon lui. Le ministère de la Santé a récemment annoncé une rallonge de 543 millions d'euros à destination de tous les hôpitaux publics de France : "On parle d'enveloppes de plusieurs millions mais il faut comprendre que tout ne se règle pas avec l'argent. Donner des moyens, c'est important. Reste à savoir à quoi ils vont servir ", réagit-il à ce propos.

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