La ville de Paris réunit en ligne les Parisiens autour des enjeux du "quick commerce"

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Écrit par Elie Saïkali

La livraison de courses ou de repas à domicile dans un temps très réduit ; le "quick commerce" est en plein essor à Paris et en petite couronne depuis le début de la crise sanitaire. Au grand dam de certains riverains qui se plaignent de nouvelles nuisances.

Objectif : pédagogie. Plus de 150 personnes étaient conviées vendredi 25 mars pour une visioconférence consacrée aux "enjeux du quick commerce" à Paris. Une initiative de la Ville dont l’objectif était d'informer les Parisiens sur cette pratique qui a explosé depuis le début de la crise sanitaire, énoncer les voies de recours à la disposition de la Ville et des riverains en cas d'installation douteuse et écouter les doléances des riverains.

Pour rappel : le "quick commerce" désigne cette pratique de livraison rapide à domicile des courses à partir d’une application ou d’internet. On y compte : les "drive-piéton", les "dark store" ou encore des "dark kitchen". Ces deux derniers types d'établissements prennent la forme d'entrepôts ou de lieux de livraison dans lesquels les clients ne rentrent pas.

La plupart (des riverains, ndlr) ne sait pas quelle est la situation. Ils voient qu’il se passe des choses en bas de chez eux.

Olivia Polski

Face au développement de ces nouvelles pratiques des riverains et des commerçants dénoncent de nouvelles nuisances : des attroupements de vélos ou de scooters dans la rue de jour comme de nuit qui obstruent le passage, ou encore des entrepôts qui prennent la place de commerces. "La plupart (des riverains, ndlr) ne sait pas quelle est la situation. Ils voient qu’il se passe des choses en bas de chez eux", explique l’adjointe à la maire de Paris en charge du commerce, de l’artisanat, Olivia Polski.

"Il y a énormément de nuisances pour les riverains, mais aussi une vraie difficulté pour les commerçants qui paient un pas de porte, (...) et qui voient s'installer une concurrence déloyale. Cela a pour conséquence de déstabiliser les commerces de proximité", a-t-elle indiqué au début de la réunion.

Mobilisation des services de la Ville de Paris

Après une courte introduction du Premier adjoint Emmanuel Grégoire, la réunion de vendredi soir a mobilisé plusieurs acteurs de la Ville de Paris. L'Atelier parisien d’urbanisme (APUR) a d’abord rendu compte de son étude sur le phénomène du "quick commerce" à Paris. Détaillant le nombre de "dark store", de "dark kitchen", ou encore de "drive piéton" dans la capitale et en petite couronne, leur rayon d’action et leur méthode de distribution. La Direction de l’urbanisme (DU) s’est ensuite prononcée sur les différents volets juridiques de contrôle et de potentielle répression de ces phénomènes en cas d’illégalité.

Les participants, des riverains des dark kitchen ou dark store ont pu réagir ou poser des questions à distance. Et il y en a eu beaucoup :  "Comment reconnaître un 'dark store' illégal ?", "Quid de l'action de l'inspection du travail ou des services d'hygiène?", "Est-ce qu'on mesure correctement les actions de la police municipale parisienne envers les 'dark-store', 'dark kitchen' et autres en termes de nuisances ?", ou encore "quelles actions peuvent être menées par les copropriétés ?

45 "dark-stores" dans "l’illégalité"

Deux semaines auparavant, Emmanuel Grégoire réunissait et les acteurs du "quick commerce". "On avait une multiplication du nombre de plaintes de riverains et de commerçants sur tout un tas de sujet, notamment la concurrence, mais aussi de la part d’organisations professionnelles, par exemple sur les conditions d’hygiène", confie Olivia Polski. "On leur a expliqué que le système de livraison rapide fait partie d’un nouveau mode de consommation, mais que ça ne peut pas se faire dans l’illégalité", ajoute-t-elle.

L’adjointe indique que la Ville a recensé "65 dark stores" à Paris, et que "sur ces 65, il y en a 45 qui sont dans l’illégalité".

Au début du mois de mars, la mairie de Paris a demandé la fermeture de ces 45 "dark stores", jugés illégaux, créés sans autorisation. "Ils n’ont pas le droit au vue des conditions d’installation prévues par le plan local d’urbanisme. On leur a dit : soit vous respectez le droit et vous quittez ces lieux, soit on attentera des procédures en justice", précise Olivia Polski tout en reconnaissant n'avoir "pas la capacité de faire fermer un établissement. C'est à un juge d'en décider", a-t-elle insisté.

Un formulaire mis en ligne par la mairie de Paris permet de signaler un "dark store" non autorisé.