Les actionnaires de Libération tablent sur une cinquantaine de départs volontaires de journalistes pour un coût de 7 millions d'euros après le rachat du journal par Bruno Ledoux qui devrait intervenir d'ici au mois de juin, selon des sources syndicales.
Intervenant lors d'un comité d'entreprise qui s'est déroulé mercredi en fin de matinée dans une ambiance calme, le président du directoire François Moulias a expliqué aux salariés que la direction avait réalisé cette prévision "en vue de l'ouverture d'une clause de cession".
Cette clause, propre au statut des journalistes et autres titulaires d'une carte de presse, permet, en cas de vente de leur titre, de quitter volontairement l'entreprise avec des indemnités de licenciement majorées en fonction de l'ancienneté et la possibilité de percevoir des allocations chômage.
Libération, au bord de la faillite, doit être racheté et renfloué par son actionnaire Bruno Ledoux : le tribunal de commerce a accepté lundi le plan de M. Ledoux, qui s'est engagé à réaliser d'ici juin une augmentation de capital de 18 millions d'euros, seul ou avec d'autres investisseurs, ce qui lui donnera la propriété de la quasi-totalité du capital.
La direction a évalué le coût de ces départs à 7 millions d'euros, soit 140.000 euros en moyenne par personne. Libération compte environ 260 salariés dont quelque 180 titulaires d'une carte de presse.
Les personnes souhaitant partir se détermineront largement en fonction du choix des nouveaux directeur de la rédaction du journal et président du directoire, qui devraient être nommés dans les 15 jours, ainsi que des investisseurs finaux, a-t-on commenté de source syndicale. "Cela dépendra s'ils respectent les valeurs et l'histoire de Libération", a-t-on souligné de même source.
La direction n'a en revanche pas donné de détail sur un projet de déménagement de la rédaction hors du siège parisien, indiquant seulement que ce thème pourrait être abordé en fin d'année.