Ligne 13 : ce que va changer l'automatisation prochaine du métro

Les usagers de la ligne 13 du métro pourront-ils bientôt voyager dans de bien meilleures conditions ? Île-de-France Mobilités a annoncé l'automatisation d'une des lignes les plus fréquentées de la région parisienne. Dates, détails et coûts, tout ce qu'il faut savoir sur ce projet qui verra le jour dans plus de 10 ans.

La ligne 13 sera-t-elle bientôt l'une des plus fiables du réseau de transports en commun francilien ? Île-de-France Mobilités a annoncé son automatisation totale... en 2035. "Cela représente un investissement, hors matériel roulant, d’environ 837 millions d’euros", précise le syndicat des transports de la région. 

D'abord, de nouvelles rames...

La ligne 13 est l'une des plus empruntées par les franciliens. Et même si le prolongement de la 14 a permis de réduire le trafic de 20 à 25% selon les branches, elle souffre toujours d'une mauvaise réputation. Plus de 500.000 voyageurs circulent dans ses rames chaque jour. 

La première étape du plan de modernisation concerne l’arrivée de nouveaux modèles de métro, les "MF19", qui seront mis en service à partir de mi-2027. "Plus modernes et avec une plus grande capacité d’accueil, ils amélioreront le confort des voyageurs et la fiabilité sur la ligne", souligne IDFM.

Ces nouvelles rames, actuellement en construction dans le Nord, seront équipées de la climatisation, de ports USB pour recharger les téléphones portables et de portes beaucoup plus larges pour faciliter la montée/descente des voyageurs. Des trains dernier cri, qui devraient améliorer la fluidité du trafic sur cette ligne qui relie Chatillon à Saint-Denis/Asnières-Gennevilliers. "De nouveaux services sont également prévus pour le confort des voyageurs [...] comme des éclairages LED sous les sièges pour améliorer l’ambiance du trajet.", insiste Île-de-France Mobilités. 

Sans séparations entre les voitures, Alstom produit un métro ou "l'intercirculation" est parfaite. Les nouvelles rames "MF19", plus grandes, pourront ainsi  accueillir jusqu'à 13% de passagers rapport aux wagons actuels. "Nous accueillons avec plaisir et sans réserves ces nouvelles rames", se réjouit de son côté Marc Pélissier, président de la FNAUT (Association des usagers des transports d'Ile-de-France).

Une autre technologie permettra également d'améliorer le service : les trains seront équipés d'un système embarqué de comptage des voyageurs. En cas d'affluence plus importante, la fréquence des rames sera ainsi augmentée en temps réel, si cela est possible. Enfin, les "MF19" seront plus éco-responsables : "Ce matériel va permettre de réduire la consommation en énergie de traction d’au moins 20% par rapport aux matériels en service sur ces lignes et sera composé à 95 % d’éléments recyclables", annonce IDFM.

Les flottes des lignes 3, 3bis, 7, 7bis, 10 et 12 seront également renouvelées avec des rames "MF19" dans les prochaines années.

... ensuite l'automatisation 

Avant que le fonctionnement de la ligne 13 ne soit totalement automatique, des années de travaux complexes sont à prévoir. "Cela va prendre 10 ans", annonce le syndicat des transports de la région, "la décision d’automatiser une ligne, a fortiori une ligne en exploitation, est très compliqué, avec de fortes implications industrielles, opérationnelles et financières."

Adaptation de la signalisation, modification des infrastructures et installations, évolution des services d'information, formation des personnels sont autant d'étapes à réaliser avant la mise en service. Et c'est bien ce qui inquiète les associations de voyageurs. "Il y a aura beaucoup de fermetures totales, plus de 600 nuits longues (ndlr : fin de service avancée et début de service retardé). La mise en place de bus de substitution sera-t-elle suffisante ?", s'interroge Marc Pélissier.

Autre inquiétude pour la FNAUT : la durée des travaux. "C'est quand même très long, est-ce que tout ce chantier a été optimisé", poursuit le président de l'association. La mise en service est en effet prévue pour 2035 mais un tel chantier demande beaucoup de temps explique de son côté le maitre d'ouvrage. "Si les éléments industriels et les trains peuvent être disponibles en une poignée d’années, il faut aussi adapter les stations, l’ensemble des postes de signalisation voire les terminus des lignes. Cela demande de revoir de manière globale toute la logique et la logistique du transport sur toute la ligne", justifie Île-de-France Mobilités. 

Les travaux d'automatisation entrepris devraient permettre à terme "une meilleure qualité de service, [...] des gains de temps de parcours, des temps d'attente considérablement réduits, une sécurité renforcée et un meilleur confort", avance le syndicat. Autant d'avantages qui ne convainquent pas totalement Marc Pélissier : "Quels seront les réels gains ? 5 secondes de gagnées aux heures de pointe. L'impact sera quasiment invisible." IDFM avance que 5 trains supplémentaires rouleront chaque heure sur la ligne 13, la FNAUT  estime de son côté que seuls 2 métros de plus circuleront chaque heure grâce à l'automatisation.

En faisant le bilan sur les lignes 1 et 14 totalement automatiques et la ligne 4, en cours d'automatisation, IDFM souligne que les voyageurs bénéficient d'intervalles réduits, d'une augmentation de capacité de transport et d'une sécurité accrue. "La 4 n'a toujours pas le bénéfice de l'automatisation, répond le président de la FNAUT tout en reconnaissant que, la 1 fonctionne bien depuis longtemps."

Le chantier va maintenant durer plus de 10 ans. Dix années avant que l'adage métro, boulot, dodo, ne s'améliore pour les usagers de la ligne 13.