Manifestation interdite contre les violences policières : le préfet de police de Paris saisit le parquet

Didier Lallement a fait un signalement au parquet ce mercredi après la manifestation non-déclarée qui avait réuni plus de 20 000 personnes à Paris mardi 2 juin. Un rassemblement à l'initiative du collectif "Vérité pour Adama" pour dénoncer les violences policières.

Un manifestant lors de la manifestation contre les violences policières devant le tribunal de Paris mardi 2 juin.
Un manifestant lors de la manifestation contre les violences policières devant le tribunal de Paris mardi 2 juin. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Signalement rare transmis au parquet de Paris. Le préfet de police de Paris a saisi la justice ce mercredi suite à la manifestation de mardi soir qui avait rassemblé plus de 20 000 personnes devant le tribunal de Paris (XVIIe) à l'appel du collectif "Vérité pour Adama", comité de soutien de ce jeune homme mort suite à son interpellation en 2016 dans le Val d'Oise.

Didier Lallement s'est ainsi prévalu de l'article 40 du code pénal qui impose à "toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit", "d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs".  

Manifestation non déclarée

Selon la préfecture de police de Paris, ce rassemblement "n'a fait l'objet d'aucune déclaration préalable" et le préfet avait pris un arrêté l'interdisant.

Les arguments émis reposent sur un décret "relatif à l'état d'urgence sanitaire, qui proscrit tout rassemblement, dans l'espace public, de plus de dix personnes" et sur le fait "que Paris est classée en zone orange du point de vue sanitaire, et que tout rassemblement d'ampleur est propice à la propagation du virus Covid-19 ans un département où celui-ci continue de circuler".  

Heurts en fin de manifestation

Des affrontements avec les forces de l'ordre ont eu lieu en fin de manifestation. A Clichy, les vitres d'un poste de police municipale ont été brisées par des manifestants et dix-huit personnes ont été interpellées en raison de ces incidents.

Avant ces affrontements, la manifestation s'était déroulée dans le calme et selon certains journalistes présents, ce n'est que lors de l'intervention des forces de l'ordre que des débordements ont eu lieu.

Mercredi, le maire du XVIIe, Geoffroy Boulard, a demande au préfet de "s'expliquer" après ces incidents. Il a jugé sur BFMTV que "c'est incompréhensible qu'on ait interdit [mardi] matin cette manifestation, qu'elle se soit déroulée sous les fenêtres du tribunal, et qu'on ait eu des infiltrations de l'ultra-gauche qui est venue pour en découdre et pas pour défendre la cause d'Adama Traoré".

Pour lui, "le dispositif policier était inadapté". "On entend beaucoup parler d'autorité, mais elle est fantomatique dans nos rues. Hier soir, des rues entières, des quartiers entiers, ont été livrés à eux-mêmes. Hier soir, on a été abandonné par l'autorité républicaine", a-t-il conclu.

Cette manifestation a été organisée dans le contexte de la mort de George Floyd, un Américain noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc aux Etats-Unis le 25 mai dernier.
 
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