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Martin Hirsch veut un Hôtel-Dieu tout médical, mais ne s'engage pas sur le retour des urgences

Le nouveau patron de l' Assistance Publique (AP-HP), Martin Hirsch, annonce qu'il abandonne l'idée de transférer le siège de l'Assistance Publique, préfère conserver un véritable hôpital, mais ne s'engage pas à rétablir les urgences.
« Je veux que ce site ait une entière vocation hospitalière ». Martin Hirsch, devenu le nouveau patron de l'Assistance Publique Hôpitaux de Paris, avait sur son bureau le dossier miné de l'Hôpital parisien de l'Hôtel-Dieu. Un dossier devenu très encombrant politiquement, qui avait conduit au limogeage de la directrice précédente Mireille Faugère. Pour cette raison, Martin Hirsch doit s'en débarrasser très vite. Il a donc choisi d'annoncer ses intentions aujourd'hui, auprès du journal "Le Monde".

Exit donc le projet qui consistait à transférer le siège de l'AP-HP (actuellement situé avenue Victoria Paris 4ème, à quelques pas de là) dans les murs de l'Hôtel-Dieu. A l'appui de sa décision, Martin Hirsch explique « Je préfère avoir une logique médicale sur l'Hôtel-Dieu qu'une logique administrative ». L'avenir de l'Hôtel-Dieu devrait donc être médical. L'équipe précédente avait envisagé un hôpital universitaire de santé publique mais sans hospitalisation des patients.
Martin Hirsch lui, propose "un projet médical ambitieux". Soit. Pour autant, le nouveau directeur général des hôpitaux parisiens n'envisage pas un hôpital classique. Il parle d'une structure originale et ajoute que toutes les idées liées à la santé, dont la prévention, sont les bienvenues. Précision supplémentaire, le projet précédent sera re-travaillé et complété.

Pas d'assurance sur les urgences


Alors l'avenir de l'Hôtel-Dieu tel que le présente aujourd'hui Martin Hirsch sera-t-il si différent que cela de celui de Mireille Faugère ? Pour l'instant, il n'y a aucune certitude.

Et d'abord, concernant les urgences. C'est le point qui a transformé le dossier en bombe politique en pleine campagne pour les municipales. Or Martin Hirsch ne s'engage absolument pas à les rétablir. Les urgences ont été remplacées le 4 novembre par un centre de consultations 24H/24 qui prend en charge à toute heure et sans rendez-vous les personnes venant par leurs propres moyens. Martin Hirsch annonce par ailleurs l'ouverture, à côté du centre de consultations, d'une salle de repos contenant des lits pour des gens qui ont besoin de se reposer, d'être dans une position couchée. L'équipe paramédicale doit être renforcée avec quatre infirmiers supplémentaires. Et les "lits porte", qui permettent d'accueillir les patients arrivés en urgence et qui attendent une place dans un service d'un autre hôpital de l'AP-HP, seront rétablis. « Il s'agit, à l'approche de l'hiver, de s'assurer que les installations et l'équipe qu'on a à l'Hôtel-Dieu puissent servir à l'ensemble de l'AP-HP, à l'ensemble des patients ».

Le service mobile d'urgence et de réanimation, le SMUR, va être directement rattaché au SAMU de Paris. L'objectif, a terme, restant de renforcer les autres services d'urgence de Paris. Et Martin Hirsch précise que « les pompiers ne reviendront pas conduire des patients à l'Hôtel-Dieu : "Le rationnel, aujourd'hui, quand on interroge le patron du Samu, c'est de ne pas bouger les pompiers », de ne pas changer leur schéma d'organisation.

Le nouveau patron de l'AP-HP a surtout promis, et entamé, une reprise de la discussion. De fait, les discussions ont redémarré tous azimuts : avec les médecins, les organisations syndicales, les institutions, mais aussi avec les politiques, notamment les élus parisiens. Martin Hirsch a ainsi réussi a ramener tout le monde autour de la table des discussions. En la matière, dans un dossier où les passions avaient fait monter la température très haut, c'est un beau succès obtenu rapidement. Restera ensuite à convaincre et les attentes sont nombreuses!


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