Neymar accuse le Marseillais Alvaro Gonzalez de racisme, après la défaite du PSG face à l’OM

Insultes, coups, cartons rouges… La rencontre entre Paris et Marseille (0-1) s’est terminée dans une ambiance électrique, dimanche soir au Parc des Princes. Neymar dénonce des propos racistes de la part d’Alvaro Gonzalez.

Alvaro Gonzalez et Neymar, en toute fin de match dimanche soir au Parc des Princes.
Alvaro Gonzalez et Neymar, en toute fin de match dimanche soir au Parc des Princes. © FRANCK FIFE / AFP
L’Olympique de Marseille – qui restait jusqu’ici sur une série de 16 matches sans victoire face à son rival – n’avait pas gagné contre le Paris Saint-Germain depuis 3 850 jours. Mais au-delà de la victoire de l’OM grâce à un but de Florian Thauvin (31e), la rencontre disputée dimanche soir au Parc des Princes a surtout été le théâtre de nombreux débordements et tensions.

Le match s’est soldé par un total de cinq exclusions, à la suite d’une bagarre générale à la fin du temps additionnel : deux cartons rouges du côté marseillais (Benedetto, Amavi) et trois autres du côté parisien (Neymar, Paredes, Kurzawa).

Neymar, expulsé pour avoir donné une tape sur la nuque d'Alvaro Gonzalez, a dénoncé des insultes racistes de la part du défenseur marseillais. "La seule chose que je regrette, c'est de ne pas avoir frappé ce connard au visage", a même tweeté le Parisien après la rencontre. La star brésilienne du PSG a ensuite précisé les propos reprochés à Alvaro Gonzalez : "Pour le VAR [l’assistance vidéo à l'arbitrage], c'est facile d'attraper mon ''agression''. Maintenant, je veux qu'on cherche l'image du raciste qui m'a traité de "fils de pute de singe"." Neymar a par ailleurs interpellé les arbitres à plusieurs reprises au cours de la rencontre, répétant "Racismo no !". Le corps arbitral n’est pas intervenu. Alors que le défenseur marseillais pourrait subir une longue suspension si les propos en question sont confirmés, l’affaire pourrait se poursuivre du côté de la commission de discipline.

Alvaro Gonzalez nie les accusations de racisme

Alvaro Gonzalez a lui aussi réagi sur Twitter, niant les accusations. "Il n’y a aucune place pour le racisme, a affirmé l’Espagnol. Une carrière propre avec beaucoup de coéquipiers et d’amis au quotidien. Parfois il faut apprendre à perdre et l’assumer sur le terrain. Incroyables trois points. Allez l'OM." Un tweet qui a suiscité une nouvelle réaction de la part de Neymar, qui a qualifié à nouveau Gonzalez de "raciste". De son côté, André Villas-Boas a déclaré après le match qu’il espérait que son défenseur n’avait pas prononcé d’insultes racistes envers Neymar. L’entraîneur marseillais a également expliqué qu’Angel Di Maria avait craché sur Alvaro Gonzalez au cours du match. L’entraîneur du PSG Thomas Tuchel a lui expliqué ne pas avoir "aimé le résultat et les trois dernières minutes", précisant que Neymar lui avait "dit qu'il avait subi une insulte raciste".

Des polémiques avant même le début du match, du côté des supporters

La tension était déjà présente avant même la rencontre, entre les supporters. Les membres du Collectif Ultras Paris (CUP) avaient en effet affiché des banderoles avec des messages injurieux à l’encontre des Marseillais.

"OM : la pute qui suce toute l’Europe et qu’on baise tous les ans" devant le Moulin Rouge, "Marseille : une salope qui suce toute l’Europe" devant le Parc des Princes, "Dimitri la seule chose que tu as soulevée c’est Ludivine" devant le Parc également, visant l’attaquant marseillais Dimitri Payet et sa femme… Parmi les insultes affichées samedi et dimanche, une banderole "PSG-OM 9 ans de sodomie en bande organisée" placée sur le pont de Bir-Hakeim, devant la Tour Eiffel, avait notamment suscité l’indignation du collectif anti-homophobie Rouge Direct. L’association avait ainsi dénoncé une "injure homophobe". "On a le sentiment, après le match et même toute la journée de dimanche, qu’on a complètement oublié la notion de respect, alors que le foot devrait être un événement qui rassemble, même dans l’adversité d’un match, explique ce lundi Julien Pontes, porte-parole de Rouge Direct, à France 3 Paris IDF. On est dans des formes très graves d’injures sexistes, homophones et même peut-être racistes maintenant. On a mal à notre foot."

La situation, tant qu’elle n’est pas prise en compte, ne peut qu’empirer.

Julien Pontes, porte-parole de Rouge Direct

Le cofondateur du collectif déplore une absence de réaction de la part de la ligue, même s’il ne se dit "pas étonné" : "Les observateurs ont déjà pointé que la lutte contre l’homophobie était le point noir du bilan de Nathalie Boy de la Tour à la tête de la LFP. Il y a une absence de prise en considération des clubs eux-mêmes : ni le PSG, ni l’OM n’ont réagi à ces faits qui sont pourtant très graves. La situation, tant qu’elle n’est pas prise en compte, ne peut qu'empirer."

"C’est aussi très décevant de ne voir aucune réaction de la part du gouvernement, on dirait qu’on n’a pas de soutien de la part des autorités et des instances du football, poursuit Julien Pontes. Afficher des messages de haine en plein paris, ce n’est pas anodin. Et l’homophobie déborde bien largement du foot, elle est partout dans la société actuelle. Il faut être extrêmement vigilant et réactif." Quant au dépôt d’une plainte, le porte-parole précise que le collectif est en train d’étudier le dossier.

En raison des restrictions liées à la crise sanitaire, le Parc des princes avait par ailleurs réduit le nombre de spectateurs à environ 4 000 dans l’enceinte du stade. Pour ce qui est de son début de saison en Ligue 1, le PSG enchaîne sa deuxième défaite en autant de matches, après la rencontre face à Lens (perdue 1-0).
 
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