Pénurie d'enseignants : un concours exceptionnel annoncé au printemps 2023

C'est l'une des principales annonces du ministre de l'Education nationale, Pap Ndiaye, lors de sa conférence de rentrée. Un "concours exceptionnel" se tiendra pour les contractuels au printemps 2023.

Comment mettre un professeur devant chaque classe et créer "un choc d'attractivité"Face à la crise majeure de recrutement des enseignants, le ministre de l'Education nationale, Pap Ndiaye a annoncé lors de sa conférence de rentrée qu'un "concours exceptionnel" sera organisé au printemps 2023 en vue de la titularisation d'enseignants contractuels.

Les modalités de ce concours de titularisation "d'un certain nombre d'enseignants contractuels seront bientôt précisées", a-t-il indiqué.

L'Education nationale a recours, cette année, à quelques 3000 contractuels supplémentaires, sur environ 870 000 enseignants mobilisés pour la rentrée. Des contractuels formés en quatre jours, recrutés par job dating dans certaines académies.

L'autre solution annoncée par le ministre pour pallier le manque d'enseignants, c'est le recours aux candidats sur listes complémentaires, ceux qui ont passé le concours au printemps 2022 et n'ont pas été reçus. Le ministère "recense les besoins suite aux défections et aux démissions des lauréats reçus (au printemps 2022) sur les listes principales", précise Pap Ndiaye.

"Ca ne va pas assez vite, pas assez loin ! "

L'ex co-président national de la FCPE, aujourd'hui député (NUPES) Rodrigo Arenas s'insurge. "Mais pourquoi faire passer un concours à des contractuels qui sont déjà en poste !" "On ne vas pas assez vite, pas assez loin ! Il faut titulariser les contractuels dès maintenant et surtout former les futurs professeurs à partir du baccalauréat et non à partir du Master ; les former dans une école pendant trois ans", explique-t-il. 

L'élu estime par ailleurs que les revalorisations salariales annoncées jeudi ne seront pas à la hauteur compte tenu de l'inflation. Pour réaliser ce "choc d'attractivité", le ministre a en effet affirmé jeudi soir sur France 2 que les salaires des professeurs débutants seraient de 2 000 euros nets par mois à partir de septembre 2023. Une annonce déjà formulée quelques heures plus tôt par le Président Emmanuel Macron lors d'un discours à la Sorbonne devant les recteurs d'académie. Le chef de l'Elysée avait également admis que le métier était "insuffisamment reconnu", notamment en termes de "rémunération". 

Classes dédoublées et évaluations étendues

Parmi les autres annonces faites lors de cette conférence de rentrée, les classes de grande section de maternelle seront toutes dédoublées en Réseau d'éducation prioritaire (REP) à la rentrée 2024. "Aujourd'hui, 75% des classes le sont", précise Pap Ndiaye. Les classes de CP et de CE1 sont déjà toutes dédoublées en REP et REP+. En dehors des Réseaux d'éducation prioritaire, "la quasi-totalité des classes de grande section, CP et CE1" est plafonnée à 24 élèves, insiste le ministre.

Ce dernier a indiqué que les évaluations nationales en mathématiques et en français seront "étendues à titre expérimental aux classes de CM1 et de 4e" dès cette rentrée. Elles se déroulent déjà partout en France en classes de CP, CE1, 6e et seconde à la mi-septembre.

Plus de précisions sur l'ensemble des annonces de la conférence de presse à retrouver ici.