Une quinzaine de personnes encagoulées s'est infiltrée dans le siège de la CFDT ce 20 janvier en début d'après-midi. L'action a été revendiquée par des syndicats CGT Énergie d'Île-de-France, opposés à la réforme des retraites. La direction de la CGT s'est désolidarisée de l'acte.
Une nouvelle intrusion a eu lieu lundi 20 janvier au siège de la CFDT, menée par "une quinzaine de personnes encagoulées" et "vêtues de noir" qui ont coupé l'électricité pendant "quelques minutes", a annoncé à l'AFP la confédération. L'action revendiquée par des syndicats CGT Énergie d'Île-de-France a été condamnée par la direction confédérale de la CGT.
L'action est le fait d'une dizaine de syndicats CGT Énergie d'Île-de-France (Paris, Essonne, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Val-d'Oise, Seine-et-Marne, Yvelines, Ouest IDF et Bagneux), a précisé à l'AFP Cathy Fléchard de la CGT Energie Paris, trois jours après une première intrusion revendiquée par la Coordination RATP-SNCF, opposée à la réforme des retraites.
"On a reçu un message des services techniques nous indiquant qu'une nouvelle instrusion avait eu lieu et que le téléphone avait été coupé suite à cela", a témoigné auprès de l'AFP une salariée de la confédération.
Une source policière a confirmé qu'"une quinzaine de personnes ont pénétré à 11h20 au siège de la CFDT", dans le XIXe arrondissement. Elles n'ont rien dit et n'ont pas fait référence à la réforme du projet de retraite universelle par points, que soutient la confédération. Mais "il a été retrouvé sur les lieux des tracts de la CGT Energie contre la réforme des retraites", a indiqué la source policière.
Sur le site Facebook de la CGT Energie Paris, un communiqué des neuf syndicats fait clairement le lien avec le projet de système universel de retraite par points.
"Contre-productif"
"Berger négocie les couleurs et les formes de nos futures chaînes et celles de nos enfants, sans jamais avoir participé à la grève reconductible contre la retraites à points", écrivent-ils dans un communiqué.Fabrice Angéli, secrétaire confédéral de la CGT, a toutefois pris ses distances avec "ce genre d'opération (qui) n'apporte rien au combat, voire même peut être contre-productif".
"Il ne faut pas tomber dans le piège de la radicalité, il faut être concentré sur le fond, sur le contenu de la réforme", a insisté ce dirigeant national de
la centrale syndicale au micro de BFMTV.
"Inacceptable"
"Cette nouvelle attaque, revendiquée sur les réseaux sociaux par plusieurs syndicats CGT énergie, est inacceptable", a réagi la CFDT dans un communiqué, assurant qu'elle "poursuivra son combat (...) sans jamais se laisser dicter ses positions par des actes de violence ou d'intimidation".Dans la matinée, elle a porté plainte après l'intrusion de vendredi, au cours de laquelle il y a eu "des insultes", "des crachats", laissant un salarié en incapacité temporaire de travail, a affirmé sur RMC et BFMTV Laurent Berger, son secrétaire général.
"La CFDT n'est pas du côté des grévistes mais du côté de ceux qui portent plainte contre ceux qui luttent (...), qui n'ont rien d'autre à proposer que la répression sociale", a réagi lundi la Coordination RATP-SNCF lors d'un point de presse.