Sans trottinettes en libre-service : comment se déplacer à Paris ?

À qui profitera la disparition des petites roulettes en libre-service ? Achat de matériel personnel, retour sur les quais bondés des métros ou plus de voitures individuelles dans Paris. Les moins de 35 ans, en majorité des hommes vont devoir choisir.

Et maintenant que vais-je faire sans trottinettes ? À la rentrée de septembre, ce sera une nouvelle donne pour les 400.000 utilisateurs mensuels.

Plus de 60% des fans de trottinettes font ce choix d’abord pour  ce mode de transport et rapide. D'après l’étude réalisée par 6t, bureau de recherche pour l’Agence de la Mobilité de la Ville de Paris, ceux qui veulent gagner du temps devraient logiquement se rabattre sur les scooters et les vélos en libre-service. Car ce sont eux qui épousent le mieux les critères de la planche à petites roues : rapidité et gain de temps. 

"Pas forcément, explique Denis Saada  le président et cofondateur de Betterway, les utilisateurs de trottinettes ne sont pas ceux qui enfourchent un scooter ou un vélo, chacun est à l’aise sur un engin, mais pas forcément sur tous les engins".

À pied et  en voiture !

Les trottinettes ne représentent que 0,6% des trajets à Paris, soient 40.000 de ceux réalisés quotidiennement à Paris. Ce service une fois disparu, 11.720 trajets se feraient à pied et 7.500 en mode motorisé, VTC ou taxi, selon l'étude 6t. 

Certains réutiliseraient leur voiture. Car 70% des personnes qui utilisent les trottinettes ont leur permis de conduire. Un trafic supplémentaire qui sera néanmoins vite absorbé, à cette économie d’échelle.

Les opérateurs Dott, Lime et Tier Mobility déplorent que ce service ne soit pas renouvelé à partir du 1er septembre. "Nous continuerons d’offrir un service de mobilité douce à tous les Parisiens grâce à nos vélos électriques, poursuivent-ils."

Les femmes en vélos, les hommes en voiture 

Alors le vélo en libre-service va-t-il séduire ? Toujours d’après l’étude commandée par la ville de Paris, sur les usages et les usagers des modes de micromobilités, le Velib' est considéré comme un mode de transport agréable. Le côté agréable, c’est la première motivation des femmes qui ne sont qu’un client sur trois des trottinettes. La petite reine va venir au secours de ces Parisiennes, privées de leurs patinettes. Pour les hommes, ce sera la voiture. 

Le monde d’avant les trottinettes, c’était aussi celui des transports en commun pour tous les Parisiens. Alors certains vont aussi rejoindre les rames des RER et de métros. 

"C’est dommage, plaide Denis Saada, expert en Mobilités, car de plus en plus de banlieusards combinaient trottinette et train. Une formule pratique et peu encombrante qu’on ne peut pas imaginer avec le vélo. Les structures ne sont pas adaptées. Les banlieusards n’ont pas pu participer à la votation citoyenne organisée par la Mairie Paris, et ils sont privés de mobilité douce."

Le boum des ventes de trottinettes

Pour leurs trajets multimodaux, un petit pourcentage de fans des roulettes vont investir. Il s'achète en France plus de trottinettes que de vélos électriques. "Et le marché va encore progresser", selon Denis Saada. 

Les dés sont jetés. Il n’y aura donc pas de trottinettes pour les Jeux olympiques, alors que se pose la question des déplacements pour cette période, pour les Parisiens comme pour les visiteurs. "Paris, en supprimant cette mobilité douce, va donner à l'International l’image d’une ville qui n’est pas très moderne, car elle n’a pas su gérer ce type de déplacement", conclut l'expert en mobilités.