Stationnement payant pour les deux-roues motorisés : "Nous savions que c’était dans les tuyaux depuis un moment"

Ce mardi, David Belliard, adjoint à la Mairie de Paris pour la transformation de l’espace public, a annoncé la fin du stationnement gratuit pour les motos et scooters thermiques d’ici 2022. Une mesure que dénoncent la Fédération Française des Motards en colère.

Les associations de motards fustigent le recours au stationnement payant pour les motos et scooters thermiques à Paris d'ici 2022
Les associations de motards fustigent le recours au stationnement payant pour les motos et scooters thermiques à Paris d'ici 2022 © Alain JOCARD / AFP

La Mairie de Paris a annoncé en début la fin de la gratuité du stationnement pour tous les deux-roues motorisés hormis les scooters électriques d'ici 2022. Une annonce qui passe mal au sein des associations d’utilisateurs de deux-roues. La Fédération Française des Motards en colère dénonce, par le biais de son président Jean-Marc Bellotti, un refus de dialoguer de la part des élus.

Que reprochez-vous à cette nouvelle mesure ?

Jean-Marc Bellotti: Elle est injuste et antisociale car elle discrimine tous les gens qui viennent de banlieue en deux-roues pour venir travailler à Paris. Elle concerne tous ces gens qui n’ont pas un assez bon salaire pour vivre sur Paris à qui l’on va désormais dire  "en plus du temps de trajet rallongé, vous allez devoir payer pour vous garer" . De plus, les deux-roues sont une vraie plus-value en termes de mobilité et de fluidité du trafic mais la Mairie nous met à la même échelle que les voitures sous prétexte que nous possédons un moteur thermique.

Or, le recours au deux-roues permet le plus souvent une occupation du véhicule moindre que pour les voitures ainsi qu’une optimisation de l’espace public. En effet, sur une place de stationnement pour voiture, on peut mettre 3 voire 4 deux-roues. Enfin, l’empreinte écologique de nos deux roues est bien moindre que celle d’une voiture car pour une même distance un deux-roues motorisé roule moins longtemps qu’une voiture. La politique de la mairie qui consiste à nous mettre sur le même pied déstal que les voitures n’a donc pas de sens.

Cette annonce vous a-t-elle surpris ?

Pas vraiment, cela fait longtemps que l’on sait qu’elle était dans les tuyaux de la mairie. Anne Hidalgo s’était engagée lors de sa première mandature à ne pas faire payer le stationnement aux deux-roues motorisés, elle a tenu parole.

En revanche l’arrivée des écologistes  depuis le début de son second mandat a accéléré les choses en faveur du stationnement payant. Très rapidement les élus écologistes ont fait des annonces dans la presse donc cette annonce s’inscrit dans la continuité de leurs promesses de campagne. De notre côté, nous avons lutté  avec nos armes et nous continuerons à le faire. Nous  tentons d’approcher les élus de la mairie  qui encourage de moins en moins le dialogue avec les associations comme la nôtre. Par exemple, nous n'avons jamais été consultés lorsque cette réforme a été discutée.

Ce dialogue avec les représentants politiques a-t-il toujours été difficile à établir ?

Non, il fut une époque, sous le mandat de Bertrand Delanoë (NDLR : Maire de Paris de 2001 à 2014) où nous étions reçus tous les 3 mois dans le cadre d’un Conseil du deux-roues motorisé où nous avions à chaque occasion un vrai échange sur nos conditions de circulation avec la Mairie. Nous avions même signé une charte de bonne conduite entre nos associations et les élus. Aujourd’hui, chaque discussion avec un élu doit se faire à la demande des présidents d’associations. Nous avons pu échanger avec David Belliard parce que nous l’avons demandé et non parce qu’il nous y a conviés.

Lors de cet échange, quelles solutions avez-vous proposés ?

Nous avons soumis l’idée que pour les professionnels qui stationnent leur deux-roues motorisé durant la journée, les entreprises prennent en charge le stationnement à l’image du Pass Navigo. Ainsi pour les usagers, le cout du stationnement serait moindre, le véhicule resterait dans un parking de l’entreprise ou un parc de stationnement aux alentours . De plus, cette solution libérerait des places de stationnement pour les gens qui vont et viennent dans Paris.

Face aux difficultés pour faire entendre vos revendications par les élus, quels sont les autres leviers d’action d’une association comme Motards en Colère ?

Nous en avons beaucoup. Notre association existe depuis plus de 40 ans et aujourd’hui nous sommes capables de porter nos revendications via des manifestations ou à travers les réseaux sociaux. Chez les motards, il y a une grosse communauté qui a tendance à s’entraider lorsque qu’on se sent attaquer. C’est pour cela que nous n’avons pas de mal à réunir près de 3 000 motards dans certaines de nos manifestations. Sur le cas précis de l’annonce de l fin de la gratuité du stationnement, nous allons réfléchir à une manière juridiquement la Mairie de Paris       

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