TEMOIGNAGES. Retrouver un emploi à 50 ans : le parcours du combattant

TEMOIGNAGES. Retrouver un emploi à 50 ans : le parcours du combattant ©France 3 PIDF

Le Sénat a voté le report de l'âge légal à la retraite à 64 ans mais les sénateurs ont aussi voté la création d'un index "senior" pour inciter les grandes entreprises à recruter des salariés de plus de 45 ans. C'est l'un des points sensibles de la réforme. Un dispositif spécifique existe déjà dans le Val-de-Marne.

Comme toutes les entreprises de transport public d'Ile-de-France, Keolis souffre de la pénurie de conducteurs. Pour y remédier, la société ouvre ses portes tous les trimestres aux demandeurs d'emploi seniors. Entamer une deuxième voire une troisième carrière reste un challenge quand on a plus de 50 ans.

Des parcours différents mais les mêmes difficultés

Patrice, 52 ans, est au chômage depuis dix ans. Il espère intégrer une formation qui lui ouvrira les portes d'un nouveau métier : "quand on vieillit et qu'on traverse des difficultés, avec l'âge, c'est vrai que ça devient plus compliqué". 

Jean-François était directeur de projet dans une société d'informatique qui l'a poussé dehors pour rajeunir ses cadres, il est au chômage depuis deux ans et demi. Selon lui "avant de reculer l'âge de la retraite, ce serait bien de s'occuper de ceux qui, comme moi, ont plus de 50 ans et qui cherchent du travail (...) il y a deux pistes que j'envisagerais : créer son propre emploi mais ça c'est très difficile et c'est encore plus difficile de gagner sa vie avec et l'autre piste, c'est explorer les possibilités de ces entreprises, comme ici, qui ont une politique envers les personnes plus âgées."  

Antonio, lui, a passé deux ans au chômage, il a  directement été intégré par Keolis. "On dit qu'à 50 ans on est déjà un peu à la retraite mais moi ce que je veux c'est réintégrer une société où je puisse évoluer un tout petit peu encore et puis finir ma carrière en tant que chauffeur parce que moi c'est un métier passion."

Antonio n'est pas le seul à avoir été accepté d'office. Franck Barthe, directeur opérationnel Keolis Val de Marne explique le mode de sélection : "on identifie des personnes qui seraient intéressées par ce métier. Soit elles ont déjà le permis D et on peut les intégrer facilement, soit elles n'ont pas le permis D et il y a un dispositif de Pôle Emploi qui leur permet d'avoir la formation pour pouvoir ensuite intégrer l'entreprise". 

Un label pour pousser les entreprises à embaucher des seniors

Keolis a obtenu le label emploi 45+, un label créé par le bassin du Val-de-Marne pour les entreprises prêtes à recruter les seniors. Que des avantages d'après le créateur du label, Daniel Pigeon-Angelini : "quand vous embauchez quelqu'un qui a 50 ans, vous vous dites que vous pouvez, si vous le voulez, l'embaucher pour 15 ans". Un employé plus âgé qu'il oppose au jeune salarié, d'après lui plus enclin à saisir d'autres opportunités. 

En Ile-de-France il manque 1 500 conducteurs de bus dont 500 chez Keolis. 

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