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Trop de travaux à Paris : à qui la faute ?

Les travaux sont à tous les coins de rue de Paris depuis le début de l'année. / © Lionel Bonaventure / AFP
Les travaux sont à tous les coins de rue de Paris depuis le début de l'année. / © Lionel Bonaventure / AFP

Le réalisateur Jean-Pierre Jeunet a confié cette semaine à un média américain que Paris était devenue trop « laide », trop en travaux, pour pouvoir y tourner une suite du Fabuleux destin Amélie Poulain. Une aubaine pour les opposants d'Anne Hidalgo, mais la situation n’est pas si simple.

Par Mathilde Brugniere

Lundi, le média en ligne américain Indie Wire publiait une interview du réalisateur français Jean-Pierre Jeunet. Il a notamment déclaré au journal qu’il prépare actuellement un « faux documentaire sur le tournage d’Amélie Poulain » ; mais qu’il n’envisage pas de tourner de suite au film sorti en 2001.

L’un des arguments développés pour expliquer ce refus a fait mouche. « Il est désormais difficile de tourner à Paris parce qu’il y a des travaux de construction partout, donc Paris est laid maintenant », a expliqué le réalisateur.
 

La mairie attaquée

L'interview n’a pas manqué de faire réagir certains opposants à Anne Hidalgo. Pierre Liscia, élu de droite du 18ème arrondissement, a commenté sur Twitter : « La honte. […] Jean-Pierre Jeunet refuse de donner une suite à Amélie Poulain parce que "Paris est devenu hideux" »

Paris envahie par les travaux ?

Mais y a-t-il vraiment tant de travaux comme le dit le réalisateur ? Si l’on en croit la carte des travaux publiée par la mairie de Paris sur son site internet, le quartier des Abbesses (18ème arrondissement) où a été tourné le long-métrage est plutôt épargné par les chantiers.

Carte des chantiers de voirie de plus d'une semaine sur les voies principales à Paris à la date du 11 mai 2019. / © Mairie de Paris
Carte des chantiers de voirie de plus d'une semaine sur les voies principales à Paris à la date du 11 mai 2019. / © Mairie de Paris
Pourtant, il suffit de se balader quelques heures dans la capitale pour avoir le sentiment que les travaux sont à tous les coins de rue. Mais la faute n’est pas totalement à rejeter sur la mairie.
 

Plus de la moitié des travaux concernent des bâtiments privés

Régulièrement interpellée sur les réseaux sociaux au sujet des travaux, la Ville a publié un communiqué début avril pour répondre aux interrogations.
La mairie précise ainsi que sur 6 079 chantiers, « la mairie n’est maître d’ouvrage que pour 454 chantiers, soit seulement 7 % du total ».

Toujours selon la Ville de Paris, 36 % des travaux sont imputables aux concessionnaires (eau, gaz, chauffage) pour de l’entretien et de la sécurité. Enfin, 57% des chantiers « sont en fait des échafaudages placés sur des bâtiments appartenant au secteur privé ».
 

Un « sentiment de trop plein »

La mairie reconnaît néanmoins que la situation est délicate en ce début d’année, et avance deux raisons pour expliquer ce « sentiment de trop plein ».

Tout d’abord, les mobilisations des gilets jaunes chaque samedi ont provoqué des retards de travaux. Ensuite, de très gros chantiers « doivent être livré[s] avant la fin de la mandature » : c’est le cas de sept grandes places parisiennes, dont Nation ou encore Bastille.

Le poids des JO

Si Anne Hidalgo promet un rendu des chantiers pour la fin de son mandat, l'horizon des Jeux Olympiques laisse à penser que les Parisiens n'en ont pas fini avec les travaux.

Construction d'un deuxième Arena à la porte de la Chapelle, rénovation du stade Pierre de Coubertin, de « nombreux [autres] sites sportifs d'entraînement »... Tout devra être prêt dans cinq ans.

 

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