Tuerie à la préfecture de police de Paris : “L'auteur des faits aurait adhéré à une vision radicale de l'islam”

La piste de la radicalisation est désormais privilégiée dans l'enquête sur la tuerie à la préfecture de police de Paris. / © Isabelle Audin - France 3 Paris Île-de-France
La piste de la radicalisation est désormais privilégiée dans l'enquête sur la tuerie à la préfecture de police de Paris. / © Isabelle Audin - France 3 Paris Île-de-France

Parmi les éléments qui accréditent la thèse d'une radicalisation violente de l'assaillant : un SMS troublant de sa femme qui lui répond, à propos de l'achat du couteau : "Seul Dieu te jugera". Le parquet national antiterroriste a été saisi.

Par IA / MT avec AFP

Mickaël H. a-t-il perpétré une attaque djihadiste au cœur d'un prestigieux service de renseignement ? La piste de la radicalisation est maintenant privilégiée dans l'enquête sur la tuerie à la préfecture de police de Paris, désormais entre les mains du parquet national antiterroriste (Pnat).

Le procureur de la République Jean-François Ricard a donné des éléments qui leur permettent d'envisager sérieusement cette piste dans une conférence de presse ce samedi 5 septembre. Contrairement à ce qui a été dit précédemment, Mickaël H "s'était converti à l'islam depuis une dizaine d'années" et non depuis 18 mois.
 

Refus de certains contacts avec les femmes

Cet employé de la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP) entretenait des relations avec "des personnes susceptibles d'appartenir à la mouvance islamiste salafiste"

D'autre part, l'enquête a déterminé plusieurs éléments accréditant cette thèse : "son approbation de certaines exactions commises au nom de cette religion, son souhait de ne plus avoir certains contacts avec les femmes, sa justification auprès d'un collègue de travail des attentats commis dans le journal Charlie Hebdo en 2015", explique le procureur.

Et d'ajouter aussi : "son changement d'habitude vestimentaire depuis quelques mois, l'intéressé abandonnant toute tenue occidentale et portait une tenue traditionnelle pour se rendre à la mosquée".
 

Le rôle de son épouse

Autre élément déterminant : les échanges téléphoniques avec son épouse âgée de 38 ans. "Cette dernière et son mari ont échangé 33 SMS le matin des faits entre 11h21 et 11h50", a ainsi expliqué le magistrat. "Il a tenu des propos à connotation exclusivement religieuses qui se sont terminées par ces deux expressions : 'Allah Akbar' et 'suis notre prophète bien aimé Mohammed et médite le Coran'".
D'autre part, des révélations du Parisien confirmées par francinfo, un échange concerne l'achat de couteaux par Mickaël H auquel son épouse répond : "Seul Dieu te jugera".

La garde à vue de son épouse a été prolongée ce vendredi après-midi pour 48 heures. Elle n'était pas connu des services de police et pas fichée S.

Par ailleurs, il a acheté le couteau de cuisine le jour même de l'attaque, accréditant l'hypothèse d'un acte prémédité.
 

La piste d'un conflit personnel d'abord évoquée

Peu après l'attaque jeudi, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait pourtant indiqué que cet employé atteint de surdité, en poste à la PP depuis  2003, "n'avait jamais présenté de difficultés comportementales", ni "le moindre signe d'alerte".

Lors d'un point-presse vendredi, le préfet de police Didier Lallement, avait nuancé en assurant "n'exclure strictement aucune hypothèse" pour expliquer ce périple meurtrier dans l'épicentre du pouvoir policier parisien. "Cette tragédie est d'autant plus terrible (...) qu'elle a été portée par l'un d'entre nous", a souligné le préfet, qui a tenté de prévenir toute polémique sur les procédures de contrôle à la PP qui "sont absolues" et "ne sont pas en cause".
Jeudi, entre 12h30 et 13h, armé d'un couteau de cuisine, Mickaël H. avait blessé mortellement deux policiers et un agent administratif des services de renseignement de la PP, dans des bureaux du bâtiment situé au cœur historique de la capitale. Il a ensuite tué une policière et blessé une employée des ressources humaines ainsi qu'un autre fonctionnaire, avant d'être abattu par un policier dans la cour de la préfecture.
L'enquête, diligentée jusqu'alors par le parquet de Paris, a été reprise sous les qualifications d'assassinat et tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste, ainsi que pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, a indiqué le Pnat ce vendredi 4 octobre.
 

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