Procès de l'attentat raté près de Notre-Dame : Inès Madani, suicidaire et peut-être manipulatrice

© Benoit PEYRUCQ / AFP
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Depuis 2 jours Inès Madani, principale accusée de l'attentat raté à la bonbonne de gaz près de Notre-Dame est au coeur des débats. Après sa personnalité dépressive et suicidaire, ce sont ses méthodes de recrutements et ses faux-profils masculins qui étaient examinés.

Par France 3 Paris avec AFP

Inès Madani, principale accusée dans le procès de l'attentat raté aux bonbonnes de gaz près de Notre Dame de Paris, se faisait passer sur les réseaux sociaux pour un homme : un combattant de retour de Syrie. Au quatrième jour de procès, plusieurs jeunes femmes ont raconté comment elles ont été séduites par cet homme virtuel. L'objectif était peut-être d'inciter d'autres femmes à rejoindre le groupe Etat islamique. La jeune femme aujourd'hui âgée de 22 ans serait-elle une manipulatrice ? 

Derrière Abou Souleyman, on retrouve en fait un beau-frère d'Inès Madani. Lui-même a plusieurs profils sur Facebook. Inès Madani a ainsi communiqué avec plusieurs femmes qui cherchaient notamment à rencontrer des musulmans pratiquants. Interrogée mercredi sur les raisons de ces mensonges : "Ca m'occupait de recevoir des messages tous les jours sur le téléphone. Ca me faisait oublier le vide. Je n'avais pas grand chose à faire de la journée", a-t-elle déclaré.
 
 

Son envie de mourir à l'origine de son passage à l'acte

La personnalité d'Inès Madani a aussi été au centre des débats. Il ressort qu'une profonde envie de mourir serait à l'origine de son passage à l'acteet au coeur de sa radicalisation. Victime de deux agressions sexuelles, d'attouchements, elle a déclaré que 2014 "C'est une période où je pensais beaucoup à la mort". Cette année-là tout semble basculer. 

Inès Madani est alors une adolescente en échec scolaire, en conflit avec sa famille, mal dans sa peau, complexée par des kilos superflus que sa mère ne manque pas de lui faire remarquer. Elle se lie avec une femme de dix ans de plus qu'elle, qui partira en Syrie en janvier 2015. Elle se serait radicalisée à son contact, commence à "adhérer aux thèses" du groupe Etat islamique" (EI). Début 2016, elle tente à son tour de partir, mais son père qui avait remarqué son "changement" fait un signalement à la police. Inès Madani est ainsi interdite de sortie du territoire. 

Ce qui l'intéresse alors à l'EI, "c'est qu'ils autorisent le suicide". "Ce n'est pas tout à fait cela", lui fait remarquer le président Laurent Raviot. "Une opération martyr correspond à un suicide en réalité", ajoute-t-elle. Inès Madani explique avoir évolué depuis 3 ans: "Je ne suis plus du tout d'accord avec l'EI"



 

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