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Jeune maire en Seine-et-Marne, il refuse de se représenter : « On passe pour le bouc émissaire de l’Etat »

Le jeune maire a décidé de ne pas se représenter aux prochaines élections. / © PATRICK KOVARIK / AFP
Le jeune maire a décidé de ne pas se représenter aux prochaines élections. / © PATRICK KOVARIK / AFP

Pierre-Emmanuel Begny (DVD), élu en 2014 plus jeune maire du département à Sâacy-sur-Marne, jette l’éponge à l’approche des élections municipales de 2020. L’élu dénonce le manque de moyens et un rôle lourd à assumer au quotidien.

Par France 3 Paris IDF

Il avait fêté sa victoire le jour de ses 30 ans. Pierre-Emmanuel Begny (DVD), élu en 2014 plus jeune maire de Seine-et-Marne, jette l’éponge. L’édile de Saâcy-sur-Marne, une commune de 1 850 habitants, a en effet décidé de ne pas se représenter aux prochaines élections municipales de 2020.

France 3 Paris : Pourquoi ne vous représenterez-vous pas en 2020 ?

Pierre-Emmanuel Begny : La décision a été prise en juin 2018, il y a maintenant plus d’un an. L’Île-de-France faisait à l’époque face à de grosses inondations et ma commune n’était pas épargnée.

Avec mes équipes, nous étions debout depuis tôt le matin pour coordonner les secours, et j’ai reçu des remarques pas très agréables de la part de certains habitants. Sans mauvais jeu de mots, c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. Je me suis : "Stop, c’est trop, j’arrête".

Au jour le jour, qu’est-ce qui rend la fonction de maire si difficile ?

D’un côté, vous êtes responsable de tout ou presque, et de l’autre, avec la baisse des dotations notamment, vous n’avez pas les moyens. La fonction demande d’être sur le pont sept jours sur sept, même s’il y a heureusement une équipe derrière.

On vous appelle non seulement en permanence et, en plus, vous n’avez pas le droit à l’erreur : les décisions administratives que vous avez à prendre peuvent avoir des conséquences lourdes. Parfois on se sent seul à mourir, c’est lourd au quotidien, notamment lorsqu’il faut annoncer des décès.

Le maire passe-t-il pour une sorte de bouc émissaire aux yeux de certains citoyens ?

Vous vous retrouvez en fait entre le marteau et l’enclume. Et oui, on passe pour le bouc émissaire de l’Etat, parce qu'on est aux yeux des citoyens son premier représentant : l’électeur, en général, va parler de ses problèmes quand il croise le maire à la boulangerie, rarement en prenant le temps d’écrire à son député.

Vous êtes clairement le baromètre de la société, par exemple les maires ont senti venir bien en amont la crise des gilets jaunes. On fait notre maximum et, souvent, les gens ne réalisent même pas 10 % de notre travail. Et, au passage, l’indemnité est largement inférieure aux contraintes.

Pourquoi vous étiez-vous présenté à l’époque, en 2014 ?

C’était un choix du cœur, car je me suis présenté dans la commune de mon enfance : ma famille y avait une maison de campagne quand j’ai grandi. L’idée était entre autres de remettre des commerces, réembellir les rues… Quelques années après, le bilan est bon selon moi : on a fait par exemple plus de travaux en six ans que sur les trois mandats précédents cumulés, et on a réussi par ailleurs à dégager un excédent de budget de 800 000 euros, de quoi baisser les impôts.

Après cette expérience, comptez-vous tirer un trait sur la politique ?

Pas de langue de bois, je n’exclus pas de continuer la politique plus tard, mais plus au niveau municipal, c’est sûr. Mais je pars en ayant le sentiment d’avoir fait le job : le boulot de maire est difficile, mais je n’ai pas de regrets.
 

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