Nuisances sonores : le ras-le-bol des riverains de l’aérodrome de Lognes-Emerainville

Un avion toutes les 20 ou 30 secondes du lever du jour jusqu'au soir. C’est le quotidien des riverains de l’aérodrome de tourisme et loisirs de Lognes-Emerainville (Seine-et-Marne). Une association interpelle son propriétaire ADP pour mettre fin à leur calvaire.

Aérodrome de Toussus-le-Noble illustration
Aérodrome de Toussus-le-Noble illustration © LOIC VENANCE / AFP

En été, impossible de profiter de son jardin avant la tombée de la nuit. En télétravail, pas question de répondre au téléphone avec la fenêtre ouverte. Isabelle, dont le prénom a été modifié pour protéger son anonymat, a acheté un pavillon en février dernier sur la commune d’Emerainville situé à 2 km de l’aérodrome. "J’ai acheté la maison avec jardin l’année dernière juste avant le confinement. Du coup, nous nous sommes rendu compte de rien. Lors du déconfinement, au mois de mai, nous avons été totalement désemparés", témoigne-t-elle.

Comme Isabelle, près de 10 000 habitants répartis sur les communes de Lognes-Emerainville, Croissy-Beaubourg, Noisy-le-Grand, Ferrières-en-Brie, Collégiens, Torcy subiraient de plein fouet les nuisances sonores dues aux rotations des avions selon des chiffres avancés par la toute jeune association Arale, Association des riverains de l’aérodrome de Lognes-Emerainville, qui lutte contre les nuisances de cet aérodrome de tourisme, le premier de France selon Groupe ADP.

L’été dernier, nous avons recensé plus de 500 avions en une journée

Isabelle

"Aujourd’hui nous sommes à peu près à 1 avion toutes les 20 ou 30 secondes de 9 heures à 17h30. Ils survolent les habitations. Ils font ce que l’on nomme le tour de piste, procédure de décollage et d'atterrissage. Selon les chiffres que nous avons, l’activité de l’aérodrome est en augmentation depuis quatre ou cinq ans. Il y a entre 75 et 85 000 vols par an. Et cela ne fait que augmenter", déclare l’association Arale. Selon Groupe ADP, le trafic est sensiblement le même que l'année dernière avec 80 000 mouvements en 2019.

"Pour les tours de pistes, les avions passent à l’aplomb de nos maisons, de nos jardins, de la francilienne la nationale 104", s’inquiète Isabelle qui dit craindre également les risques d’accident.

Le Plan d’Exposition au Bruit, le PEB, un document d’urbanisme qui vise à prévenir et limiter l'exposition de la population aux  nuisances sonores liées à certains aérodromes a classé la zone en "bruit modéré". (Le PEB définit 4 zones. A et B, dites "zones de bruit fort", C, dite "zone de bruit modéré", et D, l’exposition au bruit est faible). Un classement difficile à digérer par certains riverains. "Le calcul du PEB est une moyenne entre la nuit et le jourComme à Lognes, les avions ne volent pas la nuit, les chiffres sont faussés. La moyenne baisse. La journée, on peut donc monter jusqu’à 90 ou 100 dB Lden (moyenne sur 24 heures) toutes les 20 secondes compte-tenu de la récurrence des vols".

Pétition, interpellations des élus, courrier au ministère de l’Environnement, au Conseil d’Etat, l’association ne se sent que peu soutenue face au mastodonte qu’est ADP, propriétaire du site.

L’association Arale souhaiterait que des plages de silence soient mises en œuvre comme dans d’autres aérodromes notamment celui de Toussus-le-Noble dans les Yvelines ou que Groupe ADP change les trajectoires des avions.

Surtout, elle place ses espoirs dans une directive européenne basée sur les conclusions de l’Organisation Mondiale de la Santé, qui devrait rentrer en vigueur cette année et change les règles de calcul des nuisances sonores les limitant à 45 DB Lden le jour et 40 la nuit. Aujourd’hui en en France, la limite est fixée à 55 DB Lden.

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