Coronavirus : “les gens ont faim”, Mohamed Mechmache, porte-parole d'AC Lefeu lance un cri d’alerte

Le collectif AC Lefeu organise des distributions d'aide alimentaire. / © AC Lefeu
Le collectif AC Lefeu organise des distributions d'aide alimentaire. / © AC Lefeu

Dans les quartiers populaires, les frigos sont vides. Le collectif AC Lefeu, né à la suite des émeutes de 2005, distribue de l'aide alimentaire à Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. Son porte-parole, Mohamed Mechmache nous explique l'urgence de la situation.

Par Emmanuelle Hunzinger

Depuis le début du mois, le collectif AC Lefeu distribue des denrées alimentaires à Clichy-Sous-Bois. Les habitants des quartiers populaires y sont de plus de plus nombreux à venir chercher de quoi nourrir leur famille. Dans cette interview, le porte-parole du collectif  Mohamed Mechmache, nous fait part de l'urgence de la situation.

Des gens que l'on avait pas l'habitude de voir appellent à l'aide

On a mis en place avec le collectif AC Lefeu, la Fondation Abbé Pierre, les Restos du cœur, la ville de Clichy-sous-Bois, des distributions de colis alimentaires. Dans ces territoires, le seuil de pauvreté et de précarité dépasse la norme nationale. A Clichy-sous-Bois mais partout en France, y compris dans les Dom-Tom, l'épidémie et le confinement ont multiplié par 3 ou 4 les inégalités. Ces inégalités existaient avant la crise sanitaire mais n'étaient pas aussi visibles. Elle accentue la misère.

On rencontre des personnes qui vivent du RSA. D'autres qui n'ont pas de revenus, des gens qui travaillent au noir, des hommes ou des femmes qui se sont retrouvés au chômage partiel ou licenciés. Des sans-papiers. Ce sont également des familles dont les enfants allaient à la catine et qui aujourd’hui ne peuvent plus y aller. Tous ces gens ont faim. C'est tragique.

Il y a plus d'un mois, le collectif a demandé une prime exceptionnelle pour les plus démunis. Promise tout récemment par Emmanuel Macron, cette prime n'arrivera que vers le 15 mai. En attendant, il faut donc aider ces familles qui veulent remplir leur assiettes.

Les associations de quartiers répondent à l’urgence et il faut agir vite.

Lors de la première distribution à Clichy-sous-Bois, il y avait 250 personnes, à la deuxième 500 puis à la troisième 700. Il y a de plus en plus de monde. Personne ne vient par plaisir mais par nécessité. On va essaier d’organiser 2 distributions par semaine. Il faut que l'on tienne jusqu’au bout de cette crise. A Montfermeil ou encore Villepinte, des associations agissent également au quotidien.
 
Le collectif AC Lefeu appelle les grandes surfaces à les aider. / © AC Lefeu
Le collectif AC Lefeu appelle les grandes surfaces à les aider. / © AC Lefeu

Nous demandons aujourd'hui à la grande distribution de nous ouvrir leurs portes et de nous donner des denrées alimentaires. On a la logistique, des camions, des chambres froides, des entrepôts et l'expertise du terrain. On attend un coup de pouce de leur part.

Au delà de l'urgence au quotidien, nous souhaitons alerter les responsables politiques. J'ose espérer qu' une fois la crise passée, ces territoires auront droit à plus de justice sociale.


Toute aide des grandes surfaces ou des distributeurs de denrées alimentaires est la bienvenue. Il est possible de contacter le collectif ACLefeu à cette adresse mail : aclefeu@laposte.net


 

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