Covid-19 : depuis le début de la crise sanitaire, les inscriptions au Secours populaire explosent

Le Secours populaire dévoile son baromètre annuel de la pauvreté en France et s’alarme du nombre élevé de nouveaux précaires. Pendant et après le confinement, l'association de Seine-Saint-Denis a aidé dans le cadre de l'aide alimentaire 47 000 personnes dont 3 000 étudiants.
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"Depuis le 17 mars nous n'avons pas cessé d'avoir des demandes", explique Valérie Meallier, responsable du Secours populaire en Seine-Saint-Denis. "Pour vous donnez un ordre de grandeur, en 2019 on a soutenu plus de 27 000 personnes. Entre mi-mars et fin août, 47 000 personnes ont sollicité le Secours populaire du département, c'est-à-dire plus de trois fois la demande de l'année dernière sur une période équivalente, c'est énorme", s'exclame-t-elle.

"Au Secours populaire on a clairement constaté que des gens qui ne venaient jamais habituellement, se sont tournés vers l'association". Durant le confinement on a distribué 170 tonnes de denrées alimentaires en direction des plus démunis. Depuis, "la situation économique est toujours très compliquée et avec la reprise de l'épidémie de Covid-19, ça risque de ne pas s’arranger, de nombreuses personnes n'ayant pas retrouvé de travail".

Le baromètre annuel du Secours populaire publié mercredi 30 septembre 2020.

"Pour la rentrée des classes, nous avons distribué des fournitures de base aux enfants dont les familles n'ont pas les moyens d'acheter du materiel scolaire. Mais il n'y a que les enfants, les étudiants sont aussi très touchés par la crise sanitaire", explique la responsable du Secours populaire en Seine-Saint-Denis."De nombreux étudiants, avaient en parallèle de leurs études, un petit boulot alimentaire, aujourd'hui ils n'ont plus rien".

"Pour les aider nous avons développé, dans le département deux partenariats avec les universités Paris-VIII Saint-Denis et de Paris-XIII Villetaneuse / Bobigny. Depuis septembre, toutes les semaines, nous distribuons environ 150 colis aux étudiants. La distribution a lieu dans les locaux de la fac de médecine à Bobigny et à Saint-Denis, on installe un barnum en face de l'université", propose le Secours populaire.

Les étudiants particulièrement touchés

Durant le confinement, Kab Niang, responsable de l'antenne étudiante du Secours populaire à l'université Paris-VIII à Saint-Denis a fait livrer plus de 1 800 colis alimentaires à ses camarades."D'habitude on fait une cinquantaine de colis par mois. Mais en 24 heures, j'ai reçu 250 demandes. Et chaque semaine, les demandes étaient plus nombreuses", explique cet étudiant en master de littérature française. "Beaucoup d'entre nous n'avaient plus aucune source de revenus, c'était la galère, même pour payer un loyer de 300 euros en coloc ou en chambre universitaire", dit-il. 

Pour compléter les aides fournies par les associations, surtout composées de produits de base comme les pâtes ou le lait, il a lancé une cagnotte avec les professeurs de fac, et récolté jusqu'à 50 000 euros."De quoi acheter des fruits, des légumes ou des produits d'hygiène, mais aussi un fonds d'urgence pour aider ceux qui avaient le plus mal à payer leurs factures", assure Kab Niang. Selon lui, les distributions ne sont pas prêtes de s'arrêter. "Certains étudiants ont arrêté leurs études, après avoir perdu leur appart et leur boulot, ils sont découragés". Quant aux patrons, "ils ne veulent pas renouveler leurs CDD, car c'est trop incertain, si demain on reconfine".
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