Fondée en 2003, l'association Ni Putes Ni Soumises menacée de disparition

Des militantes de Ni Putes Ni Soumises font une action contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre 2012 en face du Centre Pompidou à Paris. / © THOMAS SAMSON / AFP
Des militantes de Ni Putes Ni Soumises font une action contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre 2012 en face du Centre Pompidou à Paris. / © THOMAS SAMSON / AFP

L'association Ni Putes Ni Soumises est en danger. Elle n'a plus de locaux depuis début janvier 2020, très peu de ressources financières et ne bénéficie presque plus de subventions. Pourtant, ses campagnes de prévention ont un large succès.

Par MT

La dernière campagne de l'association a été largement diffusée sur les réseaux sociaux. Le dernier soupir de Ni Putes Ni Soumises (NPNS) ? Car l'association est en danger. Expulsée une première fois en 2006 de la Maison de la Mixité à Paris, elle a dû quitter ses locaux de Montreuil (Seine-Saint-Denis) faute de pouvoir payer le loyer.

Car l'association ne bénéficie de presque aucune subvention et doit vivre sur ses propres deniers. Et ces derniers ont fondu après 2012 et la présidence Hollande. "La baisse des subventions est arrivée au moment où un autre gouvernement est arrivé, et cela drastiquement. Toutes nos demandes sont depuis restées sans réponse", explique Stéphanie Rameau, présidente de l'association.
"Le rôle de l’État n’est pas de maintenir des associations sous perfusion d’argent juste sur leur réputation quand les militantes ou les projets ne sont hélas pas au rendez-vous", rétorque au JDD le cabinet de Marlène Schiappa, Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.

Le soutien des bénévoles

L'association suit environ 80 femmes par mois mais ne peut plus gérer de dossiers supplémentaires, d'autant plus qu'il n'y a pour l'instant pas de possibilités de gérer un accueil physique sans locaux. D'une quinzaine de salariés, NPNS ne fonctionne désormais plus qu'avec des bénévoles.

"On est en danger. On avait mis tous nos dossiers en ordre et on avait un échéancier. Mais sans subvention de l'État, on perd du coup les autres financements comme celui de la région. Marlène Schiappa, en ne nous aidant pas, dit que notre travail ne vaut rien. On se sent méprisé. Je ne comprends pas pourquoi", déplore la présidente du mouvement.
 

L'entrée dans le gouvernement Fillon

Pour comprendre cette baisse des subventions, il faut remonter à 2007, lorsque Fadela Amara accepte le poste de Secrétaire d'État chargée de la Politique de la ville (qu'elle quittera en 2010).

"Quand Fadela Amara est entrée au gouvernement, il y a eu une grosse scission. Certaines sont parties créer l'association Les Insoumis-es. Cette entrée a-t-elle eu une incidence sur nous ? Je pense que oui. Souvent, cela a été un reproche de nous dire que l'on a roulé pour le gouvernement Fillon", indique Stéphanie Rameau qui ajoute que l'ancienne Secrétaire d'Etat "n'a plus de lien direct" avec Ni Putes Ni Soumises.

L'association essaie désormais de trouver de nouveaux locaux en Île-de-France et peut compter sur quelques soutiens : la région Île-de-France ou des municipalités qui suivent de près leur situation.
 

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