"L’avion fait n’importe quoi" : une catastrophe aérienne évitée à l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle

Publié le Mis à jour le

Un crash aérien aurait été évité de justesse mardi matin à Roissy-Charles-de-Gaulle. Un Boeing en provenance de New-York a dû remettre les gaz juste avant son atterrissage. Les échanges entre la tour de contrôle et le pilote ont été diffusés sur les réseaux sociaux.

En phase finale d’approche, vers 10 heures, les pilotes du Boeing 777-300 d'Air France se sont aperçus que l’avion ne répondait plus aux commandes et déviait vers la gauche. L’avion se trouvait à 1200 pieds, environ 370 mètres de hauteur quand les pilotes ont été confrontés à une "instabilité des commandes de vol".

Dans un enregistrement sonore diffusé sur les réseaux sociaux, on entend les échanges entre les pilotes du vol AF011 et la tour de contrôle : "On a remis les gaz, 4 000 pieds, on va les maintenir, on vous rappelle", explique un pilote. Ajoutant, quelques secondes plus tard : "un problème de commande de vol, l’avion a fait à peu près n’importe quoi".

Selon Air Live, Air France a confirmé hier "que l'équipage du vol AF011 du 4 avril 2022 entre New York JFK et Paris-CDG a interrompu sa séquence d'atterrissage et effectué une remise des gaz (Go-around) suite à un incident technique en approche. L'équipage a maîtrisé la situation et a posé l'avion normalement après une seconde approche". La remise des gaz est une procédure normale et les équipages sont formés à cette procédure selon le site spécialisé.

"Sensation de chute libre"

"On a vu la météo et on savait qu'il pleuvait, on voyait la grosse couverture nuageuse. Quand l'avion est descendu, on est rentré dans les nuages, ça commençait à bouger. J'ai d'abord mis ça sur le compte de la météo. Puis on a entendu crier dans la cabine. Moi-même j'ai crié, j'ai été surpris par ces trous d'air. C'était vraiment une sensation de chute libre, de mouvement imprévu de l'avion", raconte un passager qui se dit "naturellement stressé en avion" à France 3 Paris Ile-de-France.

Après la première tentative d'atterrissage, l'avion a fait plusieurs tours au-dessus de l'aéroport avant d'entamer une deuxième approche.

"Ils nous ont demandé de vraiment éteindre tous nos appareils électroniques, même pas de les laisser en mode avion. C'était la première fois que j'entendais ça. Mais le deuxième atterrissage s'est passé en douceur", poursuit le passager.

Ils n'ont d'ailleurs pas eu tout de suite connaissance du drame à côté duquel ils sont passés : "Je pense que ce n'est pas plus mal parce que l'on aurait un peu plus paniqué si on avait su tous les messages entre la tour de contrôle et les pilotes", relativise-t-il.

Une enquête ouverte par le BEA

Dans un communiqué, le BEA, le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile parle "d'incident grave" et a annoncé ouvrir une "enquête de sécurité". L'incident a été classé de niveau 2.

Dans la nomenclature de l'aviation civile internationale, l'incident grave est un "incident dont les circonstances indiquent qu'il y a eu une forte probabilité d'accident".
La classification de l'incident comme "grave" tient notamment au fait qu'il est intervenu "en phase d'approche, là où il y a le plus de risque", avec la phase de décollage, selon une source proche du BEA.

Ce type d'enquêtes est "régulièrement" ouvert par le BEA, selon cette source, précisant que l'incident en question n'a pas provoqué de blessé.

Avion immobilisé 

"L'équipage a posé l'appareil normalement après une seconde approche", a déclaré Air-France qui a tenu a présenté ses excuses aux passagers du vol pour "l'inconfort ayant pu être ressenti par les clients".

Le Boeing a été immobilisé au sol et les deux boîtes noires vont être analysées. L'enquête va être menée avec l'homologue américain du BEA, pour déterminer les raisons de l'incident.