"Moi, directeur à Neuilly-sur-Marne, je n'irai pas à l'école aujourd'hui", un directeur accusé d'être "anti-musulman"

A Neuilly-sur-Marne en Seine-Saint-Denis, Nicolas Bourez, directeur de l'école André Chénier affirme être accusé d'islamophobie dans un tract et se met en retrait de sa fonction. La ministre de l'Education nationale affirme que la justice a été saisie.

Ce lundi, le directeur a publié sur X une vidéo dans laquelle il raconte la situation. Il estime avoir été "pris pour cible" dans un tract distribué en ville pour avoir voulu expérimenter l'uniforme dans son école élémentaire André Chenier à Neuilly-sur-Marne en Seine-Saint-Denis, située en réseau d'éducation prioritaire. "Un comité de défense de l'école publique m'insulte, m'expose", indique-t-il dans la vidéo.

Le collectif "farouchement opposé" à cette mesure, [l'expérimentation du port de l'uniforme]  aurait, selon le directeur, "distribué des tracts dans toute la commune me qualifiant d'anti-musulman".

Il explique en fin de vidéo ne pas vouloir aller travailler afin de ne pas "exposer" ses élèves à des risques "qui pourraient être immenses et inconsidérés". Pour expliquer sa décision, il fait notamment allusion indirectement aux assassinats de Samuel Paty et Dominique Bernard. "On sait où ça a mené. On connaît déjà plusieurs histoires malheureuses", conclut-il.

Interviewé ce lundi 29 avril, Nicolas Bourez insiste : "Ce n'est pas la première fois que l'on colle une cible dans le dos d'un enseignant ou d'un directeur d'école. Le danger peut venir de partout." Selon lui, cette "polémique est née du refus d'une catégorie de personnes d'accepter une décision majoritaire."     

"Aucun directeur d'école ne doit être menacé"

Le maire de la commune Zartoshte Bakhtiari (SE) apporte son soutien à Nicolas Bourez. "Aucun directeur d'école ne doit être menacé quand il fait une application des lois de notre République sur le territoire français", affirme-t-il au micro de France 3 Paris Île-de-France. Il se dit "extrêmement inquiet de cette situation." D'après l'édile, près de 70 % des parents sont d'accord pour le port de l'uniforme à l'école,"et notamment à André Chénier". 

Le maire dénonce une instrumentalisation politique : "Une poignée de parents d'élèves et de représentants de parent d'élèves, qui sont clairement affichés comme des soutiens de LFI et des proches du député de la circonscription, Thomas Portes, n'accepte pas cette défaite démocratique. Aujourd'hui cette poignée de personnes tente d'instrumentaliser les écrits du directeur pour le traiter d'islamophobe et c'est extrêmement dangereux, car en faisant cela, ils mettent une cible sur le directeur d'école dans un contexte que l'on sait extrêmement difficile."

Contacté, le député LFi de la circonscription Thomas Portes affirme se battre contre l'uniforme à l'école "par des actions pacifiques comme des manifestations".

"Aucune menace n’est acceptable et je les condamne fermement d’où qu’elles viennent comme je demeure profondément attaché à la liberté d’expression qui autorise les citoyens à exprimer leur opinion sur le choix d’expérimenter l’uniforme à l’école", avait-il déclaré plus tôt sur X.

La justice saisie

De son côté, la ministre de l'Education Nationale Nicole Belloubet a également réagi sur X : "Dès connaissance des faits : un signalement au procureur a été fait, la protection fonctionnelle accordée et la sécurité du directeur renforcée en lien avec les forces de l’ordre", a-t-elle écrit. 

Selon le maire, le directeur de l'école bénéficie de mesures de protection.

L'expérimentation du port de l'uniforme doit être mise en place en septembre prochain dans trois écoles élémentaires de Neuilly-sur-Marne dont André Chénier. 

Propos recueillis par Antoine Marguet.

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