Théâtre : Allosaurus ou la magie du théâtre participatif

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Allosaurus au Théâtre-Studio d’Alfortville ©France 3 Paris

Au Théâtre-studio d’Alfortville, autour d’une cabine téléphonique, des comédiens amateurs se mêlent à des professionnels.

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Le personnage principal d’Allosaurus? Une cabine téléphonique. On les voyait partout il y a encore 10 ans, elles font aujourd’hui partie d’un autre temps , comme le bien nommé dinosaure, l’allosaurus.
Au Théâtre-Studio d'Alfortville, Allosorus raconte trois solitudes autour d’une cabine. Lou cherche Suzanne, sur qui elle est tombée un jour en composant un numéro au hasard. Un père appelle les amis de sa fille en fugue. Un homme  se fait passer pour son frère pour être enfin aimé de sa mère mourante… Trois personnages, autour de la cabine, sur le fil et au bout du fil …. Ils ne se connaissent pas mais sans le savoir, ils cheminent les uns vers les autres.

Voilà pour l’histoire. Mais autour des personnages gravitent d’autres hommes et femmes silencieux et anonymes.  Des amateurs qui n’ont, pour la plupart, jamais mis les pieds sur scène. Sur proposition du théâtre, ils sont une trentaine à avoir été formés quelques heures avant de se jeter dans le bain.  C’est ce qu’on appelle le théâtre participatif. Les spectateurs ne sont plus de simples observateurs, mais deviennent des acteurs à part entière. «  Dans la pièce, ces amateurs sont des passants, ou, de façon plus métaphorique, des consciences, des âmes, le regard de la société en général.… » explique Jean-Christophe Dollé, metteur en scène et comédien.

Les amateurs n’ont jamais vu l’ensemble de la pièce. On leur a juste expliqué à quel moment ils devront quitter leur siège de spectateur pour entrer en scène. Pour Pascale, habitante d’Alfortville, c’est une grande première : « Je me suis dit que cette expérience me sortait de la routine »  Mais à quelques heures de la représentation, l’appréhension commence à monter :  « J’ai juste les tops, la guitare, un mot, un regard sur lequel il faut déclencher…Est-ce que je ne vais pas rater le mot qui déclenchera ? Je vais être très concentrée ! »

Philippe, juge dans la « vraie vie » s’enthousiasme :  « Je trouve la vie ennuyeuse, ce sont des parenthèses heureuses dans l’existence. Il y a le plaisir de la rencontre mais surtout, on apprend ! On apprend comment se positionner sur la scène, placer son corps….Je n’ai jamais fait ça avant ! ».

Cette idée vient de notre ancrage rural, déserté par la culture.

Jean-Christophe Dollé, metteur en scène

Dans chaque théâtre où la compagnie F.O.U.I.C. présente sa pièce, les amateurs affluent pour participer.  « Cette idée vient de notre ancrage rural, déserté par la culture. On est basés dans la Nièvre , en Bourgogne-Franche-Comté, où il faut parfois faire 60 km pour voir une pièce de théâtre.  Le but était aussi de partager un moment de théâtre avec des gens qui n’en ont jamais fait, d’aller à la rencontre du public, à travers une œuvre théâtrale et de leur dire : sans vous le spectacle s’arrête. », explique le metteur en scène. 

L’alchimie fonctionne parfaitement. En invitant des amateurs et en acceptant leur fragilité, Allosorus offre un moment suspendu, plein de poésie.
INFOS PRATIQUES

Du mardi 7 novembre au samedi 2 décembre à 20h30

ALLOSAURUS [MÊME RUE, MÊME CABINE]

Texte de Jean-Christophe Dollé, mise en scène de Clotilde Morgiève et Jean-Christophe Dollé
Relâche les 12, 13, 19, 20, 26 et 27 novembre