Pontoise : un détenu s'est évadé de l'hôpital grâce à sa complice

Publié le Mis à jour le
Écrit par Tom Rousset
L'Hôpital de Pontoise où s'est déroulé la scène
L'Hôpital de Pontoise où s'est déroulé la scène © France 3 Paris Île-de-France

Un détenu incarcéré à la maison d'arrêt d'Osny, dans le Val-d'Oise a pris la fuite ce mardi soir après que des coups de feu ont été tirés sur le parking de l'hôpital. Il y avait été conduit après une prétendue tentative de suicide. Sa compagne l'attendait armée. Le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti s'est rendu sur place cet après-midi.

Ce mardi, un homme incarcéré à la maison d'arrêt d'Osny près de Pontoise a pris la fuite.

Il avait été transporté à l'hôpital de Pontoise, faisant "l'objet d'une extraction médicale après qu'il a été découvert dans sa cellule en train de se mutiler" selon des informations rapportées par le Ministère de la Justice.

Sur le parking de l'hôpital de Pontoise, sa compagne l'attendait, armée d'un fusil à pompe ou d'un fusil de chasse. Elle a tiré dans le dos de l'agent pénitentiaire qui escortait le détenu. Le surveillant qui a été touché par des tirs de plomb ou de grenaille a été protégé par son gilet pare-balles et son pronostic vital n'est pas engagé.

La femme auteure des tirs et le détenu, ainsi qu'une troisième personne qui faisait le guet, ont pris la fuite. Ils sont activement recherchés avec la diffusion d'une fiche aux services. L'enquête a été confiée à la police judiciaire de Versailles. 

L'homme était placé en détention provisoire dans une affaire d'assassinat commis en septembre a indiqué une source proche du dossier à l'AFP. Il est soupçonné d'avoir tué un jeune homme de 18 ans à Valenton, dans le Val-de-Marne.

Manque de moyens de la pénitentiaire

Selon les représentants syndicaux des surveillants pénitentiaires, cet évènement est symptomatique du manque de moyens dont souffre cette profession. "Nous dénonçons le fait que nos collègues puissent être armés lors d'extraction judiciaire durant la journée alors que pour des extractions à l'hôpital de nuit, ils ne le sont pas", déplore Emmanuel Baudin, secrétaire général FO Justice (syndicat national pénitentiaire). Le syndicaliste dénonce notamment des manques d'effectifs.

Depuis le début de l'année 2021, c'est la sixième fois qu'un détenu s'évade lors d'une extraction médicale. A titre de comparaison, il y a eu deux évasions de la sorte sur l'ensemble de l'année 2020. 

Eric Dupont-Moretti s'est rendu sur place

Le Garde des Sceaux, Eric Dupont-Moretti s'est rendu sur place. Il s'est entretenu ce matin avec l'agent de l'administration pénitentiaire à l'hôpital de Pontoise.

Il a témoigné son soutien aux agents notamment aux deux fonctionnaires qui encadraient hier soir le transfert médical. "Je suis venu ici, d’abord à l’hôpital vous le savez, puis à la maison d’arrêt d’Osny, pour témoigner d’abord de mon indéfectible soutien à ces hommes qui ont, disons-le clairement, hier soir, vu la mort de près", a-t-il déclaré à la presse. Et d'ajouter : "les agents pénitentiaires, qui constituent la troisième force de sécurité de ce pays, en aucune façon ne méritent d’être tirés comme ils l’ont été hier soir, au péril de leur vie.

Eric Dupond-Moretti a également rencontré les agents de la pénitentiaire et les organisations syndicales dans l'après-midi leur assurant vouloir accélérer le processus de formation pour sécuriser les transferts médicaux.

"Les transfèrements judiciaires sont opérés par des membres du personnel pénitentiaire qui sont armés, ce n’est pas le cas des transfèrements médicaux. Dès octobre 2019, il était prévu de former le personnel pénitentiaire à porter une arme dans le cadre des transfèrements médicaux. Hélas nous avons progressé mais pas suffisamment car la Covid a ralenti ce processus de formation. Une cinquantaine d’établissements pénitentiaires ont du personnel formé pour opérer les transfèrements médicaux armés, 215 personnels pénitentiaires dans cette interrégion vont être formés à cela", a-t-il annoncé.

  

  

          

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