Arrêts de travail immédiats en cas de symptômes de la Covid : les PME s’inquiètent

L’Assurance maladie propose des arrêts de travail immédiats sans jour de carence aux personnes ayant les symptômes supposés de la Covid ou cas contact et ne pouvant pas télétravailler. Cette mesure qui entre en vigueur ce dimanche 10 janvier inquiète les petites et moyennes enterprises

Des arrêts de travail en se connectant sur le site de la CPAM.
Des arrêts de travail en se connectant sur le site de la CPAM. © IP3 PRESS/MAXPPP/ Luc Nobout

Le Premier ministre, Jean Castex l’a annoncé lors de sa conférence de presse jeudi dernier. Il sera possible pour les salariés ayant des symptômes supposés de la Covid-19 ou étant cas contact de se voir délivrer un arrêt de travail en se connectant sur le site de l’Assurance maladie, declare.ameli.fr, sans passer par une visite médicale ou un test préalable. Les indemnités journalières seront versées dès le premier jour d’absence. L’arrêt de travail sera de 4 jours dans un premier temps.

Tester, tracer, isoler

Les assurés de l’ensemble des régimes d’assurance maladie (salariés, travailleurs indépendants, personnes sans emploi, agriculteurs, etc.) qui ne peuvent pas télétravailler sont concernés par ce dispositif qui s’inscrit dans la stratégie "tester tracer et isoler" prônée par le gouvernement pour lutter contre la pandémie.

L’objectif est d’inciter les personnes à s’isoler et "casser la chaine des contaminations". "La suppression du jour de carence encouragera les salariés à s’isoler plus rapidement", a expliqué dans un communiqué la ministre du Travail, Elisabeth Borne. Selon la Sécurité sociale, "la crainte d’une perte financière, surtout pour les personnes les plus précaires, constitue l’un des premiers freins à l’isolement."

Tests RT-PCR ou antigéniques obligatoires

En contrepartie de cet arrêt de travail, la personne concernée doit s’engager auprès de la CPAM à réaliser un test antigénique ou PCR dans les deux jours suivant la déclaration. Si aucun test n’est réalisé dans ce délai, l’arrêt ne sera pas indemnisé.

Si le résultat du test est négatif, la personne peut reprendre son activité professionnelle et l’arrêt de travail s’interrompt le soir même.

Si le test s’avère positif, l’arrêt de travail est prolongé avec un suivi téléphonique effectué par l’assurance-maladie dans le cadre du "contact tracing" puis par une visite à domicile "dès le 20 janvier" selon le Premier ministre. Le conseiller de la sécurité sociale prescrira alors une prolongation d’arrêt de travail afin de garantir un isolement de 7 jours depuis les premiers symptômes.

Un dispositif qui inquiète les petites et moyennes entreprises

Catherine Guerniou, chef d’entreprise de la Fenêtrière basée à Champigny-sur-Marne craint des abus. "Je pense que c’est un médecin qui doit diagnostiquer cet arrêt, et on ne peut pas faire cet auto-diagnostique. Je pense qu’on va un petit peu loin dans la nouvelle procédure", affirme-t-elle au micro de France-Télévision.

Un avis partagé par la CPME, la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises qui dénonce cette mesure et craint un absentéisme incontrôlé. "Si l'on regarde bien le texte, cela veut dire que l’on peut prendre trois jours d’arrêt maladie uniquement parce que l’on a le nez qui coule", commente Stephanie Pauzat,Vice-Présidente Déléguée de la CGPM nationale.

"Rendre l’arrêt de travail aussi facile va inciter les collaborateurs à ne pas aller travailler et on craint une montée en puissance des arrêts maladie. Il y a un risque de désorganisation des TPE et PME qui n’ont pas les ressources nécessaires pour faire face contrairement aux grandes structures", soutient-elle.

Selon elle, la Caisse primaire d'assurance maladie n’aura pas les moyens de contrôler efficacement ces arrêts de travail. "Jusqu’à aujourd’hui, le dispositif en place fonctionnait plutôt bien, se rendre chez son médecin et un jour de carence", affirme-t-elle.

La vice présidente déléguée de la CPME propose de mettre en place une campagne de vaccination au sein des entreprises grâce à la médecine du travail  ou les médecins libéraux pour les salariés volontaires.

Ce dispositif qui entre en vigueur ce dimanche 10 janvier est mis en place jusqu’au 31 mars.

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