Alors que le maire Philippe Gaudin "a, en public, fait un salut nazi" lors d'un conseil municipal, la préfecture annonce qu'elle va saisir le procureur de la République de Créteil. Elle dénonce un geste "tout à fait inacceptable".
"Lors du conseil municipal de Villeneuve-Saint-Georges" organisé le samedi 20 avril, "le maire de la commune a, en public, fait un salut nazi", déplore la préfecture du Val-de-Marne dans un communiqué publié dimanche. La préfète du département, Sophie Thibault, va ainsi "saisir le procureur de la République de Créteil afin de lui signaler ces faits".
"Un tel geste, qui a fait l'objet de nombreux témoignages adressés au représentant de l'État, est tout à fait inacceptable", estime la préfecture.
Le conseil municipal de Villeneuve-Saint-Georges était réuni samedi pour le vote du budget annuel de cette commune d'environ 35 000 habitants, située à une quinzaine de kilomètres au sud de Paris. Dépourvu de majorité, Philippe Gaudin, maire divers droite depuis 2020, n'était pas parvenu à faire adopter son budget le 15 avril, date limite fixée par la loi, en raison d'un boycott de nombreux élus. Un délai lui avait alors été accordé jusqu'à samedi.
Le maire évoque "une boutade"
Lors de la séance, le ton est monté entre l'élu écologiste Birol Biyik et Philippe Gaudin, le premier accusant le second d'une alliance avec l'extrême droite pour emporter la ville en 2020. Excédé, le maire a alors suspendu la séance et fait un salut nazi, qu'il a même répété, "la deuxième fois avec les paroles", a accusé sur BFMTV l'adjoint Emmanuelly Gougougnan-Zadigue. L'élu a également publié une vidéo sur Facebook pour dénoncer les faits.
Interrogé par BFMTV, Philippe Gaudin a présenté ses excuses pour un "geste malheureux", évoquant "une boutade" et non "un signe d'appartenance". "C'est un acte antisémite", a au contraire estimé Emmanuelly Gougougnan-Zadigue, demandant la démission du maire et indiquant sa volonté de "déposer plainte" contre lui avec plusieurs autres élus.
Dans son communiqué, la préfecture a également indiqué saisir la chambre régionale des comptes (CRC) d'Île-de-France, qui "proposera les mesures nécessaires à l'établissement de l'équilibre budgétaire permettant qu'un budget soit arrêté".