Ambiance lourde au procès d'un kiné accusé d'avoir noyé son fils de 3 ans

Le procès d'un kinésithérapeute, accusé d'avoir empoisonné et noyé son fils de trois ans alors que sa femme voulait divorcer, s'est ouvert dans une ambiance lourde mardi devant la cour d'Assises des Yvelines à Versailles

Par EB avec AFP

Depuis le box des accusés, cet homme de 37 ans, visage rond et blafard, lutte pour ne pas regarder son ex-femme, submergée par l'émotion. "Je reconnais les faits oui, mais ce n'était pas prémédité", bafouille cet ex-pompier volontaire jugé jusqu'à jeudi pour l'assassinat de son fils unique. 

Ce 9 juillet 2012, Axel, trois ans, dont les parents sont en instance de divorce, doit partir en vacances chez ses grands-parents. Au dernier moment, son père prend un jour de congé pour le garder dans le pavillon familial à Saint-Arnoult-en-Yvelines. La mère, kinésithérapeute elle aussi, part au travail.

Dans un verre Mickey tout juste rapporté de Disneyland, le père mélange des somnifères, les arrose de soda. Une fois son fils inconscient, il le dépose dans la baignoire. L'enfant se noie très vite. Le kiné se sectionne ensuite une artère. En rentrant, son épouse le trouve dans une mare de sang puis découvre leur fils mort dans la salle de bains, nu sur le carrelage.

Le père est sauvé in extremis. En plein déni, il évoque d'abord un accident puis finit par avouer au printemps 2013. Désespéré, fou amoureux, l'homme n'aurait pas supporté que sa femme lui annnonce son intention de divorcer quelques mois plus tôt. Visage fin encadré par un carré élégant, l'ex-épouse, mère de trois filles nées d'une précédente union, avait quitté son premier mari et une existence confortable pour vivre une histoire avec lui. Mais il hésite à se mettre en ménage, elle attend. "La relation était conflictuelle dès le départ", et s'est encore dégradée après la naissance d'Axel. "On était plus ou moins d'accord sur la garde alternée, mais j'ai découvert dans sa voiture des documents attestant qu'elle demandait la garde totale. Ca m'a anéanti, c'était quelque chose d'horrible", raconte sans émotion, l'accusé, le visage bouffi par les médicaments.

Avec Axel, il le répète, "c'était fusionnel". "Je m'occupais beaucoup de lui. Parfois elle me reprochait de trop m'occuper de lui". Pour son ex-épouse, la mort d'Axel est une vengeance, qui porte la marque de la préméditation. Peu de temps avant les faits, il lui avait promis par texto "une surprise", "une solution". Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu jeudi.

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