Projet de la Ligne Nouvelle Paris-Normandie : "on veut emmener nos concitoyens dans cette bataille", la fronde des élus des Yvelines

Des élus des Yvelines s'insurgent contre le projet de la Ligne Nouvelle Paris-Normandie qui doit relier plus rapidement l'Île-de-France à la Normandie à l'horizon de 2040. Un collectif contre ce projet et son tracé vient d'être lancé.

"Pour nous, ce projet de ligne n'amène aucune contrepartie, ça détruit de l'emploi, ça détruit des entreprises, ça congèle tous les espaces où l'on avait de possibles développements économiques."

À la veille de plusieurs réunions publiques organisées par la SNCF, prévues à partir de la mi-juin et consacrées au futur tracé la Ligne Nouvelle Paris-Normandie dans les Yvelines, Sophie Primas, sénatrice LR de ce département, a décidé de créer un collectif d'élus pour mieux se faire entendre.

Le projet de Ligne Nouvelle Paris-Normandie initié depuis 2009, est entré depuis mai, dans une nouvelle phase avec la concertation publique sur les scénarios de tracés. "Il s'agit de mettre à disposition des maires les outils de communication nécessaires. On a besoin de coordination entre nous pour ensuite emmener nos concitoyens dans cette bataille." Contre le projet de ligne qui, d'après l'élue, risque d'impacter lourdement des territoires à l'ouest de Paris sur 70 km.

A l'horizon de 2040, la Ligne Nouvelle Paris-Normandie, permettra de répondre selon la SNCF Réseau "aux problèmes récurrents de saturation des réseaux ferroviaires actuellement".

Elle doit à terme également raccourcir les temps de trajets entre l’Île-de-France et la Normandie, grâce à des trains plus rapides et plus ponctuels. Par exemple, relier "Paris au Havre en 1 h 50 (avec arrêt à Rouen) contre 2 h 10 actuellement". 

A l'ouest de Paris, la construction de cette ligne nécessite la réalisation successive de sections nouvelles entre Nanterre et Mantes-la-Jolie avec pour commencer, le creusement d'un tunnel entre Nanterre et Orgeval au sud de Poissy. Un passage souterrain qui permettra de "s’affranchir des contraintes en surface et ainsi d’éviter deux franchissements de la Seine de passer au travers de la forêt classée de Saint-Germain-en-Laye", explique l'entreprise ferroviaire.

"Toucher à la Plaine de Montesson, c’est menacer notre identité !"

À Montesson, une commune des Yvelines située dans un méandre de la Seine, la majorité municipale est vent debout contre cette ligne souterraine. Le tunnel devrait passer sous la plaine, un territoire de 350 hectares consacrés à l'agriculture, et principalement au maraîchage.

"Toucher à la Plaine de Montesson, c’est menacer notre identité ! ", peut-on lire sur le site internet de la ville qui appelle ses administrés à se mobiliser et à participer à une réunion publique organisée par la SNCF le 25 juin, à Saint Germain-en-Lay.

"Il est prévu des puits de creusement et de secours qui font minimum 20 mètres de diamètre. Le creusement de ces puits va forcément générer des déblais qui vont devoir être acheminés par la Seine au niveau de Montesson (... ) il y a aura au préalable de cela, des sondages de sol qui vont aller jusqu'à 300 mètres de profondeur autour de cette ligne et forcément cela signifiera une perturbation voire un arrêt de notre activité agricole sur la plaine ( ..) tous ces travaux pendant sept ans ! ", alerte Nicole Bristol, la maire de Montesson. 

"La construction de cette ligne va percuter l'activité économique"

L'autre conséquence dénoncée est économique et sociale, alerte la sénatrice LR. Le projet de tracé après Orgeval envisage que la ligne longera, dans un tracé encore à déterminer précisément, l'A13 jusqu'à Mantes-la-Jolie avec un possible franchissement de l'autoroute au niveau de Flins-sur-Seine. 

"Ce sont des territoires qui ont les mêmes caractéristiques sociales que la Seine-Saint-Denis. C'est une population qui est fragile. La construction de cette ligne va percuter l'activité économique de nos territoires de façon assez importante, ce sont plusieurs milliers d'emplois qui vont être supprimés, des entreprises qui vont être obligées de partir", redoute Sophie Primas.

Le collectif lancé par la sénatrice compte déjà, dit-elle, parmi ses membres : trois présidents d'intercommunalité des Yvelines, le président du Département et le président du Sénat Gérard Larcher. "Des citoyens comme des entreprises commencent à nous poser des questions. Notre enjeu à nous, c'est que les citoyens participent à la concertation ( ...) se mobilisent au sujet de cette ligne qui ne s'arrêtera même pas à Mantes-la-Jolie, et qui ne profitera en rien aux territoires des Yvelines", martèle la sénatrice LR, coordinatrice du collectif.

 

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