Affaire Laurent et Guillaume de Villiers : la justice se prononce sur un renvoi devant une cour d'assises

Le procès de Laurent de Villiers pour chantage et subornation de témoin renvoyé au 3 juin. L de Villiers ici sur le plateau du grand journal de Canal + l'an dernier. / © FRED DUFOUR / AFP
Le procès de Laurent de Villiers pour chantage et subornation de témoin renvoyé au 3 juin. L de Villiers ici sur le plateau du grand journal de Canal + l'an dernier. / © FRED DUFOUR / AFP

La cour d'appel de Lyon se prononcera demain sur un éventuel procès aux assises de Guillaume de Villiers, fils de l'ancien président du conseil Général de Vendée dans l'affaire de viol présumé dont son frère l'accuse.

Par Xavier Collombier

Fin 2010, Guillaume de Villiers avait bénéficié d'un non-lieu pour les viols présumés dont son frère cadet Laurent l'accuse. La Cour de cassation un an plus tard a annulé ce jugement. Demain mardi, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Lyon dira si Guillaume de Villiers est renvoyé devant une cour d'assises.

Aujourd'hui le tribunal correctionnel de Paris devait se prononcer sur un autre volet de cette affaire; Laurent de Villiers est accusé de  "chantage et subornation de témoin" par son frère aîné Guillaume. Ce dernier considère que Laurent aurait fait pression sur un témoin, afin qu'elle revienne sur ses dires en la menaçant d'une plainte pour faux témoignage. Pour Guillaume de Villiers son frère a envoyé un mail à cette jeune femme où il s'estimait "trahi" après son témoignage à charge au moment de l'enquête sur les accusations de viols dont Laurent de Villiers se dit victime.
La jeune femme, de son côté, poursuivait le fils cadet de l'ancien président du conseil général de Vendée pour subornation de témoin.

Le Président du tribunal correctionnel ce matin a jugé "difficillement concevable" d'examiner ces deux plaintes avant la fin de la procédure criminelle. Le procès de Laurent de Villiers est donc reporté au 3 juin prochain.

Avec AFP

Philippe de Villiers ici en juin 2010. / © FRANK PERRY/AFP
Philippe de Villiers ici en juin 2010. / © FRANK PERRY/AFP

"Tais-toi et pardonne":
En 2011 Laurent de Villiers publiait aux éditions Flammarion "Tais-toi et pardonne", l'Express en publie de large extraits  "parce que le  témoignage est éloquent sur le désarroi humain d'un jeune garçon traumatisé. Parce que l'ouvrage dépeint un univers familial où le catholicisme, vécu comme un absolutisme, et la politique, pensée comme une croisade, impriment leur marque".

Laurent de Villiers revient dans son livre sur les motifs profonds de son action en justice : "30 octobre 2006. J'ai honte. Je me sens coupable de porter plainte, d'être obligé de porter plainte. Je porte en moi la honte tenace d'avoir été souillé, sali. La honte, aussi, de ne pas avoir pu ni su me défendre, de ne pas avoir su ni pu l'empêcher. Dix ans après, j'en suis encore l'acteur, puisque assis sur une chaise à raconter à l'inspectrice ce que j'ai subi. Et je dois répondre, encore et toujours, à la question que je ne cesse de me poser : " Pourquoi vous n'avez rien fait ? " Pourquoi ?... Parce que j'avais 10 ans, parce qu'il en avait 16... Parce que je n'avais ni la maturité intellectuelle ni la force physique. Des mots et une masse informe de culpabilité."


Les différentes étapes de l'instruction : 

30 octobre 2006: Laurent de Villiers porte plainte pour viol contre son frère Guillaume; les faits se seraient déroulés entre 1993 à 1996.

Juin 2007: Le jeune homme retire sa plainte.

7 novembre 2008: Confrontation entre les deux frères chez le juge d'instruction du tribunal de grande instance de Versailles ; Laurent réactive sa plainte.

21 mai 2010 Le juge d'instruction considère les charges suffisantes pour renvoyer Guillaume de Villiers devant la justice.

17 décembre 2010 Dans un arrêt,la cour d'appel de Versailles prononce un non-lieu, estimant que les éléments à charge doivent être " relativisés " au vu des déclarations changeantes de Laurent et de certains détails contredits par la procédure. La cour estime se trouver face à " deux thèses cohérentes " impossibles à départager.

La cour de cassation annule le non-lieu.

2 octobre 2012 : la chambre d'instruction de la Cour d'appel de Lyon se prononce sur un éventuel procès devant une cour d'assises.

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